© INTERNELes médecins urgentistes ont entamé lundi une grève "générale et illimitée", marquée par une forte mobilisation, pour dénoncer l'engorgement de leurs services et obtenir la tenue d'états généraux de la santé réunissant tous les acteurs de la permanence des soins. La Direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins (Dhos), a indiqué lundi soir que le "taux de mobilisation mesuré à ce jour" était de "56% dans au moins 26 des 29 CHU et de 76,5% dans une grande majorité des 526 hôpitaux généraux", selon une porte-parole. Le "taux de mobilisation" désigne les médecins urgentistes "qui se déclarent grévistes mais assurent l'accueil et la prise en charge des malades", a-t-elle précisé. De son côté l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuhf), qui a lancé l'appel à la grève, a qualifié de "massive" la "participation à la grève". "Nous estimons la mobilisation à 85% selon les régions", s'est félicitée l'Amuhf, présidée par le Dr Patrick Pelloux. Selon l'Amuhf, le deuxième jour de grève mardi est suivi à 90% par les urgentistes.
Forte de ce succès, l'Amuhf a d'ores et déjà appelé "les urgentistes à poursuivre le mouvement et à l'amplifier". Le syndicat va entamer "dès jeudi soir un dialogue" avec les syndicats de médecins libéraux et demande au ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, "d'ouvrir des négociations" sur l'ensemble de ses revendications. Selon l'Amuhf, le taux de participation à la grève s'est élevé lundi à "100% en Bretagne, dans le Nord, dans les Pays de Loire". La mobilisation aurait également était forte en Basse et Haute Normandie, Limousin, Auvergne, Poitou-Charentes, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Alsace. "Ailleurs, la mobilisation est plus faible, comprise entre 10% et 50%, comme en Aquitaine, Rhône Alpes et Languedoc-Roussillon", selon son secrétaire général Frédéric Pain. L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a évalué pour sa part le taux de participation à 24% en moyenne dans ses 21 sites d'urgences, avec toutefois de grosses disparités. "Six sites (Saint-Antoine, Saint-Louis, Bichat, Antoine-Béclère, Avicenne et Jean-Verdier) ont connu une mobilisation comprise entre 80 et 100%".
Douste-Blazy accusé de blocage de décret
Comme prévu, le mouvement n'a pas pénalisé les patients en raison des réquisitions de médecins. En cas de grève dans les hôpitaux, les professionnels peuvent en effet être réquisitionnés (par assignations) pour assurer les soins. Les urgentistes en grève se sont signalés aux patients par le port d'un brassard sur lequel était inscrit "En grève", tandis que des affichettes expliquaient les raisons de la grève.
Les urgentistes, qui avaient provoqué la semaine dernière l'ire des médecins libéraux, rendus responsables de l'engorgement des hôpitaux, ont tempéré leurs propos et sont revenus sur leur demande de voir organisé un "Grenelle des urgences". "C'est dans un esprit de dialogue et de réflexion", a expliqué Frédéric Pain, "que la revendication d'Etats généraux de la permanence des soins (PDS) a finalement été préférée à celle d'un 'Grenelle des urgences', synonyme de négociation". Après s'être renvoyé la balle pendant plusieurs jours, urgentistes et médecins libéraux se tournent désormais ensemble vers le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, accusé de bloquer la parution d'un décret sur l'organisation de la PDS en médecine libérale, après quelque deux années de négociation. Le projet de décret devrait être publié "à la mi-avril", selon le ministère.
Photo d'ouverture : archives
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