Astreintes mieux payées, patients mieux soignés ?

Par D.S. (d'après AFP), le 15 avril 2005 à 16h25 , mis à jour le 15 avril 2005 à 17h13

Trois syndicats de médecins libéraux, dont le principal, estimaient vendredi que l'accord signé la veille avec l'assurance-maladie et revalorisant les gardes et astreintes serait bénéfique pour tous. MG, un quatrième syndicat, y voit un accord au rabais.

stethoscope medecin medecine santé malade (DR) © INTERNE

Les trois syndicats de médecins libéraux "se félicitaient" vendredi de la revalorisation des gardes et astreintes obtenue la veille auprès de l'assurance maladie. Pour la CSMF, le SML et Alliance, tous trois signataires, l'accord "permettra la mise en place d'un système répondant mieux aux besoins de la population grâce à [une meilleure coordination] avec les SAMU, un redécoupage des secteurs de garde et un volontariat des médecins fondé sur des conditions attractives de participation à la garde". Cet accord porte sur une enveloppe de 60 millions d'euros en année pleine en plus du budget annuel de quelque 300 millions d'euros alloué à la permanence des soins

Ce texte va "redonner du baume au cœur aux médecins qui participent déjà aux gardes et inciter ceux qui ont levé le pied dans certains secteurs à y revenir", a assuré Dinorino Cabrera, le président du syndicat des médecins libéraux (SML). "On a obtenu la reconnaissance du fait que le médecin était surchargé et qu'il fallait le rémunérer. C'est une avancée", a-t-il ajouté. De son côté, Michel Chassang, le président de la CSMF (premier syndicat) s'est réjoui d"'une bonne nouvelle pour les généralistes, qui voient se concrétiser une attente de deux ans".

Un recul pour MG

Incitatif, vraiment ? MG-France, qui assure n'avoir pas été invité à la négociation, estime au contraire que l'accord va "aggraver le désengagement des médecins généralistes". Le syndicat estime, en ce qui concerne les tarifs, que cet accord est en deçà d'un autre accord conclu entre MG-France, le SML et l'assurance maladie en juillet 2004, mais qui n'a jamais été mis en place faute d'agrément par le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy. Par exemple, explique MG, "la valeur de la consultation du médecin généraliste effectuée le samedi et le dimanche (...) fixée à 50 euros en juillet, est ramenée à 46,66 euros".

MG France estime encore que l'accord conforte un décret paru la semaine dernière et qui prévoit l'"accès au médecin de permanence" par le biais de la régulation médicale téléphonique effectuée par le SAMU, le 15 donc. MG-France plaide lui pour "une régulation sous responsabilité libérale, financée comme une mission d'intérêt général, avec un numéro d'appel spécifique du type 33 33 clairement différent du 15 qui doit être réservé à l'urgence".

Moins d'interventions d'astreinte

Selon l'accord signé jeudi, l'astreinte sera rémunérée 50 euros pour la tranche horaire 20 h à 24 h, 100 euros pour la période 24h-8h et 150 euros pour 12 heures les week-ends et jours fériés. Les astreintes sont actuellement rémunérées 50 euros par tranche de 12 heures. Les médecins qui interviennent à la demande d'un centre de régulation verront les actes effectués "surmajorés" : la majoration de nuit passera ainsi de 45 à 66 euros avant minuit et de 50 à 70 euros après minuit.

Pour les urgentistes des services d'urgence privés, eux aussi concernés, les établissement auraient le choix de s'en tenir à la situation actuelle. La question des pédiatres et des astreintes en zones "déficitaires" (rurales) doit être discutée ultérieurement. "On fait l'hypothèse que la mise en place de cette régulation permettra de diminuer les interventions des médecins d'astreinte de 20%", estime le directeur de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam), Frédéric van Reokeghem.

Urgences : Douste-Blazy prédit la fin de la grève

Le ministre de la Santé a estimé vendredi que la grève des urgentistes, qui en est à son douzième jour, "allait s'arrêter bientôt", alors que l'Amuhf a décidé de poursuivre le mouvement faute d'avoir obtenu les "engagements" qu'elle attendait. "Il y a beaucoup moins de grévistes, 30% dans les CHU et plus que 50% dans les centres hospitaliers", a-t-il affirmé. L'Amuhf avance des taux de 70% dans les CHU et de 90% dans les centres hospitaliers. "Il n'y a pas de raisons que les urgentistes soient mis d'un côté et les médecins libéraux de l'autre. Il faut que l'on travaille ensemble. Je n'accepterai pas qu'il y ait un seul km2 de ce pays où il n'y ait pas de prise en charge des urgences".

Par D.S. (d'après AFP) le 15 avril 2005 à 16:25
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