
Le constructeur aéronautique américain Boeing fête le premier anniversaire du lancement de son futur appareil 787 "Dreamliner", censé être le long courrier le plus économe en carburant, à grands renforts de nouvelles commandes, opposant opportunément ses succès commerciaux à Airbus, en pleine démonstration de force en Europe. Le futur super-jumbo à deux étages A380 de l'avionneur européen doit effectuer mercredi son premier vol d'essai à Toulouse-Blagnac.
Après la commande d'Air Canada lundi, Boeing affiche 217 décisions d'achat de 18 compagnies aériennes pour le 787, "dont 69 commandes fermes", a indiqué lors d'une conférence "spécial 1 an" Mike Bair, vice-président chargé de diriger le programme 787. En outre, a-t-il poursuivi, si elles n'ont pas pris à ce stade de décision d'achat, 27 autres compagnies ont exprimé leur intérêt pour 449 appareils supplémentaires. La dernière commande annoncée depuis Bombay par Air India (portant notamment sur 27 "Dreamliner") était encore classée mardi par Boeing dans cette dernière catégorie, a précisé M. Bair. Selon les analystes, entre Air Canada, Air India ou Copa Airlines --qui a pris 5 Boeing 737-- l'avionneur américain a marqué des points depuis 48 heures face à son grand rival Airbus. Mais cela ne peut masquer l'avance prise par l'européen dans la promotion de son programme d'avenir.
L'avance de Airbus
Avant la première livraison --"au début de l'été 2008" selon M. Bair--, le premier vol du 787 n'est prévu qu'en 2007. Airbus aura testé sa nouvelle offre deux ans auparavant. Si Boeing jour le marquage serré avec son concurrent, ce dernier a déjà pris les devants en termes de commandes et de livraisons. Certains analystes n'hésitent pas à dire que Boeing a offert des avantages à Air Canada en échange d'une commande intervenant au bon moment. Depuis le lancement en avril 2004 du programme "Dreamliner", avec la première commande de 50 appareils par All Nippon Airways, la réponse du marché a été "vraiment phénoménale", s'est félicité Mike Bair. Aucun nouveau client ne peut compter être livré en 2008 et 2009, le carnet de commandes est "presque à 100%" bouclé pour 2010, et pour 2011 et 2012 il "se remplit vite", a ajouté le vice-président de Boeing.
Désormais l'avionneur américain va tenter d'accrocher à sa liste de clients une première grosse compagnie européenne. "Nous sommes très enthousiasmés par la possibilité" de faire affaire avec l'allemande Lufthansa (qui s'était dite potentiellement intéressée par le 787 en février) a encore dit M. Bair. "Le 787 est vraiment attrayant comme solution de remplacement de l'A340-300", a-t-il assuré. Pour Airbus qui a lancé en décembre son propre programme destiné à contrer le 787 --l'A350-- la menace sur les financements publics récemment relancée par les accrocs dans le dialogue Washington-Bruxelles ne fait que compliquer la donne. Mais à ce jour, pour le géant A380, Airbus a reçu 154 engagements dont 93% sont des commandes fermes (144).
Airbus va demander un nouvel appel d'offre à l'Inde Airbus va demander un nouvel appel d'offres après la décision mardi de la compagnie publique Air India d'acheter 50 avions américains Boeing après un traitement jugé injuste, a déclaré un responsable de l'avionneur européen cité par l'agence Press Trust of India. Le vice-président de la compagnie en Inde, Kiran Rao rappelle par ailleurs "qu'Air India voulait que tous les livraisons puissent être achevées entre 2007/2008 et 2008/2009". Or, "seul Airbus aurait pu livrer tous les avions dans le temps requis", assure-t-il, soulignant qu'Air India elle-même "ignore ses conditions". Et d'ajouter : "Airbus ne peut pas comprendre pourquoi l'A-380 a été ignoré alors que c'était le seul avion démontrant une rentabilité sur le long et très long-courrier". A contrario, affirme-t-il, "le B-787 est encore à l'ébauche. Personne ne connaît sa capacité de performances (...) Les dates de livraison du 787 sont encore inconnues".
(Photo : le "Dreamliner" de Boeing)
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