© TF1La polémique sur les indemnités de départ de Daniel Bernard, l’ex-PDG de Carrefour, a incité le ministre des Finances à réagir. "En tant que citoyen, je comprends cette émotion. Devant des montants aussi extravagants, quand il s'agit d'un seul individu, bien sûr la France s'émeut", a déclaré Thierry Breton samedi soir sur TF1.
Le ministre a donc pris la décision "au nom du gouvernement (…) que dorénavant, à partir du moment où un conseil d'administration pense que ceci est utile ou serait utile à l'entreprise, il faudra obtenir le vote de l'assemblée générale de façon à ce que tous les actionnaires, les petits et les grands, puissent s'exprimer sur ce sujet". Dans le cadre du projet de loi sur la modernisation de l'économie, "nous déposerons dès le mois de juin un amendement pour aller dans ce sens. Plus de démocratie, plus de transparence, c'est le maître mot", a-t-il affirmé.
"Amalgame" contre "scandale"
L’ancien dirigeant du numéro deux mondial de la distribution a été évincé début février pour n'avoir pas réussi à redresser les performances du groupe et surtout son cours de Bourse. Selon les chiffres communiqués par Carrefour, Daniel Bernard est parti avec l'assurance d'un complément de retraite d'un montant maximal de 29 millions d'euros ainsi qu'une indemnité d'un montant de trois ans de salaire soit 9,8 millions d'euros. Cette "retraite-chapeau" — une pratique assez répandue pour les dirigeants, appelée ainsi parce qu'elle vient "au dessus" des autres indemnités de retraite — n'est pas une somme versée d'un bloc mais un complément de retraite dont le versement est étalé pendant toute la durée de la retraite du bénéficiaire.
Vendredi, Daniel Bernard a démenti avoir "touché 38 millions d'euros" et dénoncé "l’amalgame" sur ses conditions de départ. "Il n'y a pas eu d'indemnité de départ", a-t-il précisé mais l’application du clause de non concurrence lui interdisant de "travailler dans un métier proche de Carrefour pendant quatre ans". "A ce titre, cette année je toucherai 4 millions d'euros taxables. Il en restera la moitié après charges et impôts, et d'autre part je toucherai après ma carrière chez Carrefour, une retraite égale à 40% de mon salaire", a-t-il indiqué.
Des précisions qui n’ont pas empêché l'Association française des petits porteurs actifs (Appac) de déposer une "plainte contre X" pour abus de biens sociaux et recel. "Nous voulons savoir si, dans ce dossier, le conseil d'administration de Carrefour a bien discuté et voté cette clause de non-concurrence et ce montant de retraite, et, si oui, pourquoi les actionnaires n'en ont pas été informés", a expliqué le président de l'Appac, Didier Cornardeau. Les indemnités accordées à l'ex-PDG de Carrefour sont "un scandale, quand on voit que le cours de bourse a chuté de 30% et que les revenus de salariés du groupe stagne", a-t-il estimé.
photo : Thierry Breton au JT de TF1 (TF1)
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