Carrefour : "Je n'ai pas touché 38 millions d'euros"

le 22 avril 2005 à 16h40 , mis à jour le 22 avril 2005 à 16h43

Daniel Bernard, l'ex-PDG du groupe de distribution, a dénoncé vendredi "l'amalgame" autour de ses conditions de départ. Il a notamment justifié ses indemnités par la clause de non concurrence à laquelle il est soumis.

supermarche carrefour enseigne © INTERNE

L'ancien PDG de Carrefour Daniel Bernard, dont les conditions financières de départ suscitent une polémique en France, a déclaré vendredi à Shanghaï ne pas avoir bénéficié "d'indemnité de départ" et a déploré "l'amalgame" sur la somme de 38 millions d'euros évoquée à son propos. L’ancien dirigeant du numéro deux mondial de la distribution a été évincé début février pour n'avoir pas réussi à redresser les performances du groupe et surtout son cours de Bourse.

"Ce n’est pas un cadeau"

"Quand on dit que la somme a été versée et que je suis parti avec cette enveloppe, c'est totalement faux. C'est une erreur d'interprétation", a-t-il dit, en marge d'une visite du Premier ministre français en Chine. "Il n'y a pas eu d'indemnité de départ, il y a eu simplement l'application d'un contrat ancien qui est une clause de non concurrence, c'est-à-dire que je ne peux pas faire concurrence à Carrefour pendant quatre ans", a expliqué Daniel Bernard. "Une clause de non concurrence, c'est comme si vous demandez à un footballeur de ne pas aller jouer dans un autre club (...) Ce n'est pas un cadeau parce que je ne peux pas faire le métier", a-t-il lancé.

Cette indemnité est équivalente à trois années de salaires, en contrepartie de l'engagement de ne pas travailler dans un métier proche de Carrefour pendant quatre ans. "A ce titre, cette année je toucherai 4 millions d'euros taxables. Il en restera la moitié après charges et impôts, et d'autre part je toucherai après ma carrière chez Carrefour, une retraite égale à 40% de mon salaire", a-t-il déclaré.

"Amalgame"

Et d’insister : "Je n'ai pas touché 38 millions d'euros", soulignant qu’"on ne peut pas faire l'amalgame entre ce que j'ai maintenant plus la somme de toutes les retraites ou des provisions". Les conditions de départ "ont été traitées par une commission indépendante de personnalités de sages, avec l'appui de Michel Pébereau (président du groupe bancaire BNP Paribas, NDLR), ce n'est pas moi qui les ai déterminées", a-t-il encore précisé.

Selon les chiffres communiqués par Carrefour, Daniel Bernard est parti avec l'assurance d'un complément de retraite d'un montant maximal de 29 millions d'euros ainsi qu'une indemnité d'un montant de trois ans de salaire soit 9,8 millions d'euros. Le nouveau président du conseil de surveillance Luc Vandevelde a expliqué mercredi que le groupe avait provisionné 29 millions d'euros pour la "retraite-chapeau" qui serait allouée à Daniel Bernard. Cette "retraite-chapeau" — une pratique assez répandue pour les dirigeants, appelée ainsi parce qu'elle vient "au dessus" des autres indemnités de retraite — n'est pas une somme versée d'un bloc mais un complément de retraite dont le versement est étalé pendant toute la durée de la retraite du bénéficiaire. L'Association française des petits porteurs actifs (Appac) s'est déclarée scandalisée vendredi du montant des indemnités de l'ancien PDG de Carrefour et envisage de porter plainte pour abus de bien social.

le 22 avril 2005 à 16:40
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