Le chèque-cadeau attaqué par la carte

le 06 avril 2005 à 17h55 , mis à jour le 06 avril 2005 à 18h01

Plastifiée, de la taille d'une carte de crédit, rechargeable et décomposable à l'infini, la carte-cadeau arrive sur le marché français. Pratique pour le consommateur, la carte est aussi très profitable pour les commerçants.

carte cadeaux Kadeos

Parce que les mamans ont enfin compris que les cardigans rose bonbon n'étaient plus le cadeau dont rêvent leur fille une fois devenue grande, le marché des chèque-cadeau a explosé. Offrir un bon d'achat est parfois plus judicieux qu'un cadeau personnel. Après les Galeries Lafayette et Auchan à Noël, le groupe PPR (enseignes Fnac, La Redoute, Conforama, Printemps, Surcouf, Cyrillus, Verbaudet...) se positionne à son tour sur le marché. PPR, via sa filiale spécialisée Kadeos, a lancé lundi ses premières cartes-cadeaux prépayées, utilisables dans quasiment toutes ses enseignes, soit 500 points de vente. Alphyra, spécialiste européen des cartes prépayées, présent dans 16 pays, a également annoncé le lancement en France d'une solution clé en main de carte-cadeau.

Ces initiatives surfent sur le succès discret mais solide des chèques-cadeaux en papier, très utilisés par les comités d'entreprise et de plus en plus par les particuliers. Leur marché a représenté 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires en France en 2004, en hausse de 15% par rapport à 2003. Mais la gestion de ces bons d'achats sur papier coûte cher, a souligné Alphyra. Pour le consommateur, ces cartes au format carte de crédit sont plus pratiques que les chéquiers-cadeaux. Elles peuvent être prépayées avec différentes valeurs (par exemple 15, 30 ou 50 euros), ou chargées d'un montant au choix du client, et servent à payer en magasin ou par internet.

Lenteur à l'achat

Contrairement aux chèques-cadeaux, la carte peut être utilisée en plusieurs fois, voire rechargée par le consommateur. Les cartes seront également vendues en libre service. Les cadeaux prépayés, quelle que soit leur forme, sont générateurs de ventes et de profits : deux utilisateurs sur trois dépensent 15% à 20% de plus que la valeur initiale du chèqueet 10% de la valeur des chèques n'est jamais dépensée, a indiqué Alphyra. Pour l'enseigne qui les vend à un comité d'entreprise, c'est un bénéfice arithmétique instantané.

La carte, qui a été testée par les Galeries Lafayette et l'enseigne Jacadi, offre aussi aux entreprises un matelas de "cash", car les consommateurs sont lents à utiliser leur crédit : trois mois après le début d'un test aux Galeries Lafayette de Strasbourg, 50% des montants crédités sur les cartes n'avaient pas encore été dépensés.

le 06 avril 2005 à 17:55
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