Comment "dégripper le marché du travail"

le 18 avril 2005 à 12h47 , mis à jour le 18 avril 2005 à 22h22

Hôtellerie, BTP, services seraient-ils des secteurs mal-aimés des Français ? Ce sont en tout cas ceux qui ont le plus de mal à pourvoir leurs offres d'emploi. Face à ce constat, le directeur général de l'Unedic veut "habituer les Français à être plus réactifs". Quitte à mettre en place des "moyens de pression".

chômage anpe emploi © INTERNE

Alors que le taux de chômage est à 10,1% de la population active et que le nombre de demandeurs d'emploi frôle désormais la barre des 2,5 millions, certains secteurs peinent à recruter. C'est l'un des premiers constats qui se dégagent de l'enquête annuelle Besoins de main d'oeuvre (BMO) de l'Unedic. Cette étude réalisée par le Credoc pour le compte de l'Unedic fait état de près de 1,2 million de projets de recrutement cette année, en particulier dans les services et pour des emplois non qualifiés, selon le quotidien La Tribune qui en a révélé les chiffres en avant-première. Mais parmi les 417.000 entreprises interrogées, 45,3% font état de difficultés à recruter. La proportion monte à 71% dans le BTP.

Sur le total de 1.185.600 projets de recrutement déclarés par les employeurs sur l'ensemble des 370 bassins d'emploi, 61% des intentions d'embauche, soit plus de 728.000, concernent des emplois de services. Le métier le plus recherché est celui de "serveur, maître d'hôtel", devant les agents d'entretien et les animateurs socioculturels. Dans l'industrie, les intentions d'embauche enregistrent une légère hausse, mais elles sont à la baisse dans le commerce et la construction. Enfin, 30% des projets de recrutement sont liées à des activités saisonnières. 

"Contrôle", "sanctions"

Commentant, également dans les colonnes de La Tribune, les résultats de cette enquête, le directeur général de l'Unedic, Jean-Pierre Revoil, estime qu'il faut "habituer les Français à être beaucoup plus réactifs". La difficile adéquation entre offre et demande sur le marché du travail vient du fait que "nous avons encore trop en France une culture d'assistance" en matière d'emploi, analyse-t-il. "Certes, il ne faut pas généraliser et un grand nombre de gens sont en grande souffrance et se démènent pour retrouver un emploi et un salaire. Ce sont même la majorité. Il reste que quand on regarde comment les personnes privées d'emploi vivent les premiers mois de chômage, on constate une forte passivité. Il faut dégripper le marché du travail".

Comment procéder alors pour "dégripper le marché du travail" ? La solution proposée par le directeur général de l'Unedic est sans nuance et risque de faire grincer beaucoup de dents. Selon lui, "si le chômeur refuse la démarche de recherche et d'accompagnement vers l'emploi alors qu'il est indemnisé, il y a un problème. Il faut alors trouver des moyens de pression, voire de contrôle et même dans certains cas avérés, de sanctions".

Concernant l'évolution attendue du marché du travail au cours des prochains mois, Jean-Pierre Revoil indique par ailleurs que l'Unedic "continue de tabler sur une croissance de 1,9% en 2005 accompagnée d'une baisse d'environ 120.000 chômeurs d'ici la fin de l'année".

Photo d'ouverture : archives

le 18 avril 2005 à 12:47
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