Des emplois "pénibles" physiquement et mentalement

le 11 avril 2005 à 17h57 , mis à jour le 11 avril 2005 à 18h43

Patronat et syndicats se retrouvent mardi pour une deuxième séance de négociations sur la pénibilité au travail. Les syndicats aimeraient faire reconnaître la "pénibilité mentale".

Johannes Prietto (DR) © INTERNE

Après un premier tour de chauffe fin février, les partenaires sociaux se réunissent mardi après-midi au siège du Medef pour examiner "l'état de la situation en matière d'amélioration des conditions de travail et de pénibilité". A cet effet, le patronat a demandé aux syndicats de "réunir les éléments en leur possession" sur le sujet : textes légaux et conventionnels, études françaises et internationales, rapports du Conseil d'orientation des retraites (COR)... "On souhaite que l'état des lieux soit le plus exhaustif possible et qu'il prenne en compte les pénibilités physiques mais aussi mentales", a indiqué Michèle Biaggi (FO).

Trouver une définition

"C'est là que réside la vraie difficulté : la dernière fois, le Medef n'avait pas rejeté le principe d'examiner la charge mentale, mais il faut qu'on élabore des critères concrets pour que cette charge puisse être vraiment reconnue", renchérit Danièle Karniewicz (CFE-CGC). Les organisations syndicales veulent mettre au point une définition de la pénibilité pour établir une liste de critères interprofessionnels qui seraient ensuite précisés dans les branches. "Il faut qu'on arrive à une définition de la pénibilité dans son aspect physique et mental tout au long de la carrière, puis qu'on voit comment décliner ça sur les métiers, l'environnement, les conditions et l'organisation du travail", explique Danièle Biaggi.

"L'espérance de vie est un bon critère qu'on pourrait décliner dans les branches et dans les métiers", souligne de son côté Joseph Thouvenel (CFTC). Le patronat est jusqu'à présent resté vague sur la portée et les objectifs qu'il souhaite donner à la négociation et les syndicats craignent qu'il ne cherche à repousser le moment "d'entrer dans le vif du sujet". A l'issue de la première réunion, la délégation patronale s'est bornée à indiquer "vouloir mettre l'accent sur la prévention et sur l'amélioration des conditions de travail".

Départ anticipé

Mais les syndicats souhaitent que soit également abordée la question des départs à la retraite anticipés pour les salariés ayant effectué des métiers pénibles, rappelant que la loi sur les retraites d'août 2003 demande aux partenaires sociaux de négocier sur ce point précis. Or, "la définition d'une grille de pénibilité n'est pas tout à fait la même suivant l'objectif poursuivi : si l'objectif est un départ anticipé en retraite, les critères sont assez pointus et moins larges que si on vise à l'amélioration des conditions de travail", souligne Mijo Isabey (CGT).

le 11 avril 2005 à 17:57
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