© INTERNELa question des retraites complémentaires des présidents de grands groupes a suscité une intense polémique depuis la révélation des sommes attribuées à l'ancien président du groupe de distribution Carrefour Daniel Bernard. Ce dernier doit bénéficier d'une indemnité de 9,5 millions d'euros au titre d'une clause de non concurrence sur quatre années, et d'une retraite "chapeau" sous forme de rente, d'un montant encore inconnu, et provisionnée pour un maximum de 29,5 millions d'euros. Un exemple dont Jean-René Fourtou a visiblement tenu à se démarquer. Le PDG de Vivendi Universal a annoncé jeudi qu'il renonçait à toucher une retraite complémentaire, au moment où il s'apprêtait à quitter la direction opérationnelle.
"Bien que cela figure toujours dans le rapport d'activité", a-t-il expliqué, "je considère que celle que je touche comme ancien président d'Aventis est suffisante", a annoncé Jean-René Fourtou devant 2.500 personnes réunies dans une salle comble pour l'assemblée générale des actionnaires.
1 million d'euros de fixe, plus les primes
Le PDG de VU, qui devait abandonner la direction opérationnelle du groupe à Jean-Bernard Lévy, avait en préambule précisé l'état de sa rémunération. Pour 2005, son salaire fixe sera de 1 million d'euros auquel s'ajoutera un bonus pour les quatre premiers mois de l'année, Jean-René Fourtou occupant le poste de PDG. En tant que président du Conseil de surveillance, il ne touchera pas de bonus. En 2004, il avait touché une rémunération totale de 3,44 millions euros dont 1 million en fixe et 2,4 millions de bonus. Ce bonus est versé si un certain nombre d'objectifs de résultats sont atteints. Jean-René Fourtou dispose également d'options de souscription pour 800.000 titres à 20,64 euros. L'action Vivendi cotait jeudi 23,22 euros.
Interrogé par des actionnaires, Jean-René Fourtou s'est également expliqué sur la fondation qu'il a créée afin de transmettre une grande partie de son patrimoine à ses enfants. Cette fondation est gérée par l'institut de France et Pierre Messmer, ancien Premier ministre, fait partie du conseil d'administration, a-t-il rappelé. Le président de l'Appac (Association des petits porteurs actifs) Didier Cornardeau, très en pointe sur le dossier de la rémunération de Jean-René Fourtou et aussi sur le manque de stratégie, selon lui, du groupe, a aussi présenté sa candidature.
Photo d'ouverture : Jean-René Fourtou - archives
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