Gaz de France sacrifié sur l'autel du référendum ?

Par S.L, le 04 avril 2005 à 10h08 , mis à jour le 04 avril 2005 à 22h36

La Tribune a affirmé lundi que l'entrée en Bourse de Gaz de France pourrait être reportée après le référendum pour ne pas ajouter un sujet de mécontentement au climat social français. La hausse des tarifs pourrait également intervenir plus tard que prévue.

DR © INTERNE

Gaz de France (GDF) pourrait être amené à reporter son entrée en Bourse après le référendum sur la Constitution européenne du 29 mai afin de ne pas donner d'arguments aux partisans du non qui dénoncent les dérives libérales de l'Europe, a affirmé La Tribune lundi. "La direction est sceptique sur les chances d'aboutir avant", a rapporté le quotidien économique citant une source interne anonyme. "L'ouverture du capital se fera après le référendum pour ne pas donner de grain à moudre aux partisans du 'non'", selon Jacques Mouton de la CFDT.

"Il y a assez de sujets qui irritent les Français pour ne pas en ajouter un autre qui n'a pas une parfaite visibilité politique", insiste Claude Gatignol, député UMP de la Manche et président du groupe Energies à l'Assemblée nationale. Un report de calendrier que l'entourage du ministre de l'Economie n'infirme pas. L'ouverture de capital "se fera à l'horizon de l'été", selon un porte-parole de Thierry Breton cité par La Tribune.

Le référendum risque aussi de perturber le calendrier de la hausse, de l'ordre de 5%, des tarifs du gaz, initialement prévue le 1er mai. Le journal assure qu'une astuce technique va permettre le report de cette hausse au-delà de la date de la consultation. Au lieu de deux révisions des tarifs par an, il y en aura désormais quatre : 1er mars, 1er juin, 1er septembre et 1er décembre. Un moyen d'éviter le 1er mai, en plein campagne électorale.

Grève le 13 avril

La fédération CGT Mines-Energie a appelé lundi électriciens et gaziers à une "grande journée de mobilisation" le 13 avril pour les salaires et contre les ouvertures de capital. Le syndicat majoritaire dans le secteur a une nouvelle fois estimé que l'ouverture de capital d'EDF, de GDF et d'Areva "est inacceptable" et ne constitue en rien, selon lui, "une obligation légale". Il a réitéré sa demande de constitution d'un pôle public de l'énergie et d'une fusion EDF et Gaz de France "100% publique". Les salariés des Industries électriques et gazières sont appelés à des "arrêts des travail, des manifestations et des interventions sur l'outil de travail" le 13 avril, jour d'un conseil d'administration d'EDF.

Par S.L le 04 avril 2005 à 10:08
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