Grève chez Carrefour

le 27 avril 2005 à 14h01 , mis à jour le 28 avril 2005 à 08h37

19 entrepôts d'une filiale du géant de la distribution sont touchés par une grève. Les salariés réclament la reprise des négociations sur les augmentations annuelles et protestent contre les indemnité de départ de l'ancien patron du groupe. Les magasins sont, pour le moment, toujours approvisionnés.

des salaries de LCM filiale de Carrefour devant entrepot à Nimes

Une grève "à durée illimitée" a touché mercredi dix-neuf des trente entrepôts de LCM (Logidis - Comptoirs modernes), filiale logistique de Carrefour, attisée par un sentiment de "révolte" des salariés après l'annonce d'une prime de départ de 38,5 millions d'euros à l'ex-PDG Daniel Bernard. Ce mouvement à l'initiative des syndicats CFDT, FO et CFTC et suivi à "50 à 70%", selon eux, et "à moins de 10%" selon la direction intervient une semaine après un premier arrêt de travail à l'appel de la CGT et après l'échec des négociations annuelles obligatoires (NAO) salariales 2005. La direction de LCM a affirmé que le mouvement "n'affecte pas" l'approvisionnement des magasins des enseignes" du groupe Carrefour (Champion, Shopi, Huit à Huit et Marché Plus) alors que pour les syndicats cet approvisionnement "devrait être de plus en plus perturbé dès jeudi".

La direction de Carrefour a reconnu mercredi que "les conditions de départ de Daniel Bernard étaient à l'origine de fortes réactions exprimées par les salariés de LCM actuellement en grève" et déclaré "comprendre la perplexité et l'émotion que de telles sommes suscitent" dans un communiqué interne. La CGT, "présente dans la grève sur certains sites, est prête à lancer un nouvel appel national si la direction ne fait pas d'avancées" salariales, a déclaré pour sa part Dominique Boquillon, délégué syndical central CGT de LCM. Lors des négociations annuelles 2005, les 8 et 20 avril, la direction de LCM a indiqué avoir proposé "une augmentation des salaires de 1,8%, la baisse de 10% des cotisations de mutuelle des salariés et la hausse de 10% du fonds social". Des propositions rejetées par l'ensemble des syndicats qui les ont qualifiées de "miettes inadmissibles" en comparaison de "l'exorbitante prime de départ" de l'ex-PDG de Carrefour.

"Cri du coeur"

 

"Comment les salariés de LCM peuvent-ils avaler sans broncher le discours de rigueur et d'efforts de la direction alors que cette prime leur saute au visage comme une insulte", a souligné la CFTC notant que "chacun des salariés de Carrefour a participé à hauteur de 262 euros au gâteau de départ" de l'ex-PDG. "Aucun superlatif n'est assez fort pour exprimer la colère des salariés et de leurs représentants et ce cri du coeur lance la révolte chez LCM", a déclaré le délégué syndical central CFTC, François Lermitte, soulignant que "de 50 à 70 % des personnels étaient en grève" dans les "19 sites touchés".

De son côté le délégué syndical central de la CFDT-LCM a justifié ce mouvement, le deuxième depuis le 20 avril, par "l'échec des négociations NAO" et par la "révolte" des salariés devant la prime de départ "astronomique" de l'ex-PDG de Carrefour. "Alors que l'on nous parle d'austérité et de rigueur salariale et que l'on ne nous propose que 1,8% d'augmentation on s'aperçoit à travers cette somme astronomique que le groupe a de l'argent", a déclaré Christophe Guérard (CFDT-LCM).

(Photo : des salariés de LCM devant l'entrepôt de Nîmes - LCI)

le 27 avril 2005 à 14:01
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