© AFPRéforme modérée, objectif ambitieux. En présentant le projet de loi de réforme de la loi Galland qui régit les relations commerciales entre producteurs et grande distribution, Christian Jacob a lancé un défi à la profession : celui d'arriver à une baisse des prix pour le consommateurs de 5%. Le projet de loi du ministre des PME et du Commerce limite les marges arrières versées par les fournisseurs aux distributeurs. Jusqu'à présent, les distributeurs imposaient un système de remises "après coup" aux producteurs en échange de services, promotions et mises en valeur des produits plus ou moins réels. La réforme vise également à réduire le seuil de revente à perte c'est-à-dire le prix de vente minimum dans les grandes surfaces. Cette mesure devrait permettre aux grandes surfaces qui le souhaitent de diminuer leurs prix de vente aux consommateurs en rognant sur leurs marges. C'était une des revendications majeures d'Edouard Leclerc.
A la question de savoir si les grandes surfaces baisseront effectivement leurs prix de 5%, le ministre a répondu : "je suis impatient de le voir. Nous verrons si la distribution le fait en prenant sur ses marges. C'est très joli de baisser ses prix en prenant sur les marges des autres, nous allons voir maintenant ce qui va se passer", a-t-il lancé.
Scepticisme
Ce à quoi Jérôme Bédier, président de la FCD (Fédération des entreprises du commerce et de la distribution) a répondu que "c'est la concurrence qui fait baisser les prix, pas les annonces des ministres". "Il n'appartient ni aux politiques ni aux distributeurs d'avoir des objectifs de baisse des prix. La réalité de l'évolution des prix des grandes marques montre que les prix ne cessent de diminuer depuis plusieurs mois. Le représentant de la plupart des distributeurs, à l'exception des centres Leclerc, a d'ailleurs insisté sur la récente baisse de 2% des prix en 2004 sous l'égide de Nicolas Sarkozy.
Les industriels affichaient de leur côté une satisfaction teintée de pessimisme. Le projet de loi a satisfait, sur le principe, le président de l'Ania (Association nationale des industries agroalimentaires), Jean-René Buisson : "en réduisant les marges arrière, on donne la possibilité aux distributeurs de baisser les prix", s'est-il félicité. Mais celui-ci a expliqué qu'il ne croyait guère à la réalité d'une baisse des prix financée par les distributeurs. "Nous attendons de savoir si les distributeurs vont véritablement prendre sur leurs marges pour baisser les prix à la consommation. Je suis très sceptique", a-t-il ajouté.
"Le risque est réel de voir s'accroître, au travers de la modification du calcul du seuil de revente à perte, de très fortes pressions sur les prix ainsi qu'une accentuation des concurrences", s'est inquiété la FNSEA, principal syndicat agricole.
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