
"L'objectif est de réduire d'un million en quinze ans le nombre d'enfants pauvres en France, c'est-à-dire d'avoir zéro enfant pauvre en 2020". C’est ce qu’indique le rapport préparatoire de la commission "Familles, vulnérabilité, pauvreté", remis ce jeudi au ministre de la Famille Philippe Douste-Blazy.
En février 2004, le Conseil emploi revenus et cohésion sociale (Cerc), présidé par Jacques Delors, avait établi qu'un million de moins de 18 ans vivaient sous le seuil de pauvreté en France, soit près de 8% de l'ensemble des enfants. Après la Conférence de la famille 2004 consacrée à l'adolescence, le gouvernement a retenu le thème des familles fragiles pour la conférence de cette année, dont la date au printemps doit être fixée par le Premier ministre.
Le président d'Emmaüs, Martin Hirsch, qui a supervisé les travaux de la commission devrait plaider auprès du ministre pour un engagement collectif : sa commission veut "voir comment on peut proposer des objectifs qui soient ambitieux et qui engagent l'Etat, les collectivités locales, les partenaires sociaux et les associations, même s'il y a une responsabilité particulière de l'Etat", avait-il indiqué en mars. Au Royaume-Uni, le Premier ministre Tony Blair s'est engagé en 1998 à éradiquer la pauvreté des enfants en une génération, avec des résultats reconnaissait l'OCDE le 1er mars.
Quinze résolutions
Dans ce document, la commission plaide également pour mieux "combiner les revenus du travail et les revenus de la solidarité", constatant qu'"un allocataire du RMI perd souvent de l'argent quand il reprend un emploi". Face à cela, elle propose la création d'une nouvelle prestation, le "revenu de solidarité active" (RSA), qui permettrait de cumuler revenus du travail, prestations sociales types RMI, et aides fiscales type prime pour l'emploi. Le montant des prestations sociales serait cependant diminué en fonction des revenus tirés du travail.
Au total, la commission avance 15 résolutions, dont la "création d'un service public de l'accueil des jeunes enfants", "éradiquer le saturnisme et réhabiliter les logements indignes" ou encore "faire des familles modestes une priorité de la politique nutritionnelle". "Les déséquilibres de l'alimentation, du tabac et l'alcool sont des facteurs de risque auxquels sont plus exposées les familles les plus modestes et qui contribuent à l'écart dans l'espérance de vie et la qualité de vie", note la commission. Autour de Martin Hirsch ont travaillé des syndicalistes, des personnes qualifiées comme la Défenseure des enfants Claire Brisset ou des associatifs.
photo : archives LCI
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