"Petits pas en avant" sur la pénibilité du travail

le 12 avril 2005 à 19h46 , mis à jour le 12 avril 2005 à 20h18

Les syndicats ont salué les avancées du patronat, mardi à l'issue de la deuxième séance de négociation sur la pénibilité au travail. Le Medef a en effet accepté d'en établir une définition et de discuter de la possibilité de départs à la retraite anticipés.

cadre entreprise © INTERNE

Après un premier tour de chauffe fin février, les partenaires sociaux ont effectué mardi l'état des lieux des textes législatifs et conventionnels et des études sur les charges physique et mentale au travail. "Il était important que les syndicats montrent qu'ils s'appuient sur des travaux scientifiques sérieux ne pouvant être contestés" face à un patronat essayant de "minimiser très fortement la pénibilité", a déclaré Rémi Jouan (CFDT). "Cela oblige le patronat à entrer sérieusement dans la négociation", s'est-il félicité. Le Medef va en effet "compiler tous ces documents pour en faire un bilan" avant la prochaine séance du 30 mai, qui sera suivie par une autre le 21 juin.

Le patronat présentera, au cours de la prochaine réunion, une proposition de texte pour "établir une définition de principe de la pénibilité et une grille de critères", a indiqué Danièle Karniewicz (CFE-CGC). "C'est un petit pas en avant : le Medef accepte de regarder de près une définition à la fois sur la charge physique et sur la charge mentale", a jugé Michèle Biaggi (FO). De leur côté, plusieurs syndicats ont déjà proposé de définir la pénibilité comme une "usure prématurée et irréversible de la santé", ce qui constitue "une base de départ solide à la discussion", a estimé Jean-Christophe Le Duigou (CGT). "L'essentiel est de parvenir à la définition de critères qui permettent d'établir une grille dans laquelle les branches puissent se retrouver pour que ce ne soit pas un simple catalogue de bonnes pratiques", a souligné Mme Biaggi.

Prévention et réparation

Autre avancée, "la séance a permis de bien définir l'objet de la négociation : la priorité pour tous c'est la prévention, mais il y a un enjeu de réparation" pour les salariés ayant effectué des métiers pénibles, a jugé Jean-Christophe Le Duigou. A l'issue de la première réunion, la délégation patronale s'était bornée à indiquer "vouloir mettre l'accent sur la prévention et sur l'amélioration des conditions de travail", mais elle accepte désormais d'évoquer la possibilité de départs à la retraite anticipés, selon les syndicats. Pour l'instant cependant, le patronat "revient beaucoup plus sur la prévention que sur la réparation en raison des conséquences financières, alors que les syndicats sont tous attachés aux deux aspects", a estimé Joseph Thouvenel (CFTC). Le Medef a "l'attitude de quelqu'un qui n'a pas grand chose à proposer ou du moins qui n'en a pas la volonté", a renchéri Mme Biaggi.

Le patronat ne s'est pas exprimé à l'issue de la réunion. Fait plutôt rare de la part d'un syndicat, la CGT a par ailleurs soumis aux autres partenaires sociaux un projet d'accord en quatre points. La confédération propose notamment de mettre en place un système de bonification permettant un départ à la retraite anticipée. Chaque salarié se verrait ainsi accorder un trimestre pour sa retraite par année d'exposition à un travail pénible. Pour inciter les entreprises à améliorer les conditions de travail, la CGT souhaite que ces départs soient financés en priorité par les employeurs des salariés concernés.

le 12 avril 2005 à 19:46
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