© INTERNEThierry Breton, le ministre de l'Economie a estimé mercredi que le "manager" public "doit rendre des comptes, et accepter d'être évalué, avec à la clef une récompense quand il est performant - ou une sanction quand il ne l'est pas assez alors qu'il avait tout pour l'être". Thierry Breton intervenait en clôture d'un colloque "Finances publiques et responsabilité" organisé par la Cour des comptes mardi et mercredi.
"Sortir de nos conformismes"
"Il faut naturellement développer les pratiques, encore timides, de la rémunération ou de l'avancement au mérite, sans céder aux pressions égalitaristes qui ne font qu'encourager la médiocrité", a lancé le ministre. Il a aussi souhaité qu'on sache "davantage sortir de nos conformismes", et qu'on "réfléchisse à une forme de 'droit à l'expérimentation' en matière de gestion publique, pour tester des idées nouvelles".
Thierry Breton a estimé que les managers publics doivent pouvoir "choisir leurs collaborateurs, les promouvoir, jouer sur leur rémunération", jugeant l'actuelle gestion des ressources humaines dans la Fonction publique "à l'évidence dépassé".
Prendre le risque d'être efficace
Par ailleurs, pour lui, les différents juges, judiciaires, administratifs, financiers, doivent "sanctionner des irrégularités, mais sans entrer sur le terrain de la sanction de la mauvaise gestion ou de la mauvaise performance". "Ce terrain-là relève de la responsabilité managériale et politique, et d'elle seule. Car si derrière chaque manager public on met un juge, comment prétendre faire confiance, et qui osera prendre le risque d'être efficace, productif, performant ?", a-t-il demandé.
Le premier président de la Cour des Comptes, Philippe Séguin, a de son côté fait remarquer que "l'opinion publique ne supporte plus que la mauvaise gestion et les irrégularités dans l'utilisation de l'argent public demeurent, le plus souvent, sans sanctions personnalisées". Il a estimé que "s'il existait un système de sanctions administratives qui couvrirait de façon efficace un certain nombre d'erreurs et fautes liées à la gestion publique, le risque de pénalisation pourrait être largement réduit". "Entre le +rien+ inacceptable par l'opinion publique et le +tout-pénal+, il y a une place pour les juridictions financières", a-t-il fait valoir.
(Photo Thierry Breton/archives/DR)
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