La retraite dorée de l'ex-Pdg de Carrefour

le 20 avril 2005 à 20h05 , mis à jour le 20 avril 2005 à 20h34

Evincé en février de la direction de Carrefour, Daniel Bernard n'a pas tout perdu : il est parti avec l'assurance d'un complément de retraite qui pourra aller jusqu'à 29 millions d'euros, et trois ans de salaire d'indemnité, soit près de 10 millions. L'annonce des conditions de ce départ aux actionnaires a suscité des remous.

supermarche carrefour enseigne © INTERNE

Daniel Bernard, l'ancien Pdg du groupe Carrefour évincé, début février, pour n'avoir pas réussi à redresser les performances du groupe et surtout son cours de Bourse, est parti avec l'assurance d'un complément de retraite d'un montant maximal de 29 millions d'euros ainsi qu'une indemnité d'un montant de trois ans de salaire soit 9,8 millions d'euros. Les conditions de son départ ont été révélées mercredi par les nouveaux dirigeants de Carrefour devant l'assemblée générale des actionnaires. L'annonce a provoqué des réactions hostiles dans l'assemblée, quelques actionnaires criant même : "remboursez".

Le nouveau président du conseil de surveillance Luc Vandevelde a expliqué que le groupe avait provisionné 29 millions d'euros pour la "retraite-chapeau" qui serait allouée à Daniel Bernard, dans le cadre d'un accord convenu en 1999. Cette "retraite-chapeau" - une pratique assez répandue pour les dirigeants, appelée ainsi parce qu'elle vient "au dessus" des autres indemnités de retraite - n'est pas une somme versée d'un bloc mais un complément de retraite dont le versement est étalé pendant toute la durée de la retraite du bénéficiaire. Pour Daniel Bernard, ce complément sera de 40% de son dernier salaire. Vue l'incertitude sur le montant final de ce complément de retraite, Carrefour a pourvu ce poste d'une provision de 29 millions d'euros. En 2004 il avait touché une rémunération de 3,13 millions d'euros.

Un système en voie de disparition

Le système de la retraite-chapeau avait été mis sur pied chez Promodès (fusionné avec Carrefour en 1999) pour compenser le fait que les dirigeants des groupes français étaient moins bien payés que leurs homologues d'autres pays. Mais ce n'est plus le cas actuellement, a commenté le groupe. Le système, qui a profité à une dizaine d'anciens dirigeants du groupe, prendra d'ailleurs fin avec la retraite chapeau allouée à Daniel Bernard ainsi qu'à un autre cadre dirigeant, a précisé Luc Vandevelde, qui lui-même n'en bénéficiera pas.

Daniel Bernard a en outre perçu une indemnité "équivalant à trois années de salaires", en contrepartie de l'engagement de ne pas travailler "dans un métier proche du nôtre pendant 4 ans", a expliqué Luc Vandevelde. S'il avait accepté le poste de président du groupe allemand KarstadtQuelle, évoquée mardi par la presse, Daniel Bernard aurait dû renoncer à une partie de cette indemnité, selon Carrefour.

Egalement interpellé par de petits actionnaires sur les "jetons de présence" (rémunérations attribués aux membres du conseil de surveillance), Luc Vandevelde a précisé qu'il percevrait pour sa part, comme président du conseil, un jeton de présence de 150.000 euros par an. Il a aussi déclaré à quelques journalistes que sa propre rémunération annuelle, ainsi que celle du nouveau président du directoire Jose-Luis Duran, représentaient, à elles deux, moins que celle de l'ancien Pdg. "Je touche 600.000 euros, plus un jeton de présence de 150.000 euros par an, sans stock-option. José-Luis Duran a un salaire fixe de 1,1 million d'euros auquel s'ajoute un bonus variable, qui pourrait être d'environ 700.000 euros s'il fait bien son travail", a-t-il précisé.

Photo d'ouverture : archives

le 20 avril 2005 à 20:05
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