Textile : l'appel des pays producteurs européens

le 25 avril 2005 à 07h44 , mis à jour le 25 avril 2005 à 07h55

Les Européens se sont efforcés, dimanche soir, d'afficher un front uni face au "boom" des importations de produits chinois. Onze pays producteurs demandent l'accélération des mesures de sauvegarde.

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Onze pays européens producteurs de textile se sont rebiffés dimanche contre l'attitude trop conciliante à leurs yeux de Bruxelles face à la hausse des importations de textiles de Chine et ont réclamé d'accélérer la mise en oeuvre de mesures de sauvegarde. Certains veulent aussi élargir le nombre de produits en provenance de Pékin sur lesquels la Commission européenne doit ouvrir lundi des enquêtes.

La volonté de voir le commissaire au Commerce, Peter Mandelson, agir plus vite contre le "boom" des entrées de textiles chinois dans l'UE a été arrêtée à Luxembourg par la France, l'Espagne, l'Italie, la Pologne, le Portugal, la République Tchèque, la Belgique, la Slovénie, la Lituanie, la Grèce et Chypre. La Slovaquie et la Hongrie seraient également sur la même ligne, selon des diplomates, ce qui porterait à treize le nombre de pays souhaitant des mesures rapides.

Passer "directement aux consultations formelles"

Cette position commune a été présentée dans la soirée à M. Mandelson, lors d'un dîner informel des ministres du Commerce extérieur des 25. Le ministre français, François Loos, a estimé que le choix du commissaire d'ouvrir des enquêtes sur neuf catégories de produits textiles ou d'habillement chinois allaient "dans le bon sens". Mais, a-t-il aussitôt ajouté, "on va lui demander d'aller plus vite".

Le secrétaire espagnol au Commerce extérieur a estimé que Bruxelles ciblait un nombre insuffisant de produits et que ses enquêtes devaient viser "d'autres catégories". Pour le ministre portugais de l'Economie, "plus de 20 produits devraient faire l'objet d'une procédure". "Ce que nous voulons, c'est passer non pas à des consultations informelles, mais directement aux consultations formelles", a-t-il ajouté. De telles consultations sont prévues par l'accord passé en 2001 lors de l'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce. Enclencher cette procédure, comme l'ont déjà fait les Etats-Unis, obligerait dès maintenant Pékin à auto-limiter ses exportations, ce qui équivaudrait aux mesures conservatoires exigées par les producteurs européens.

Opposition des libéraux

Soucieux d'agir sans affecter les relations avec la Chine, le commissaire Mandelson a préféré opter pour une approche plus progressive. En recommandant à la Commission d'ouvrir lundi des enquêtes sur les textiles chinois dont les importations ont le plus augmenté dans l'UE depuis l'abolition des quotas le 1er janvier dernier, il laisse deux mois de délai à Pékin pour prendre des mesures renforcées d'auto-régulation. En cas d'échec du dialogue avec la Chine jusqu'ici privilégié par Bruxelles, l'exécutif communautaire proposerait aux 25 d'engager des consultations formelles, avec comme résultat immédiat de plafonner les exportations chinoises dans les catégories de produits visées.

La fermeté plus grande réclamée par les Français et leurs alliés rencontre au sein de l'UE l'opposition des pays les plus libéraux, notamment les nordiques et le Royaume Uni.

le 25 avril 2005 à 07:44
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