© INTERNELes médecins urgentistes ont décidé samedi de poursuivre leur grève entamée lundi afin d'obtenir du gouvernement des "engagements concrets" sur leurs revendications, après qu'un certain dégel s'est manifesté vendredi lors d'une première réunion au ministère de la santé. Sur fond de crise de la permanence des soins, deux réunions importantes sont annoncées cette semaine. Mercredi, les urgentistes seront à nouveau reçus à la Direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins (Dhos) et jeudi, les syndicats de médecins libéraux doivent négocier avec l'assurance maladie une revalorisation de leurs gardes.
Au lendemain d'une première réunion avec les représentants des urgentistes, la Dhos a annoncé samedi que "des moyens immédiats" seraient dégagés dans les prochains jours" pour les urgences hospitalières au titre de l'enveloppe déjà fixée pour 2005. En outre, "une réflexion" sur leur financement sera "engagée sans délai". Affirmant que les discussions se sont déroulées "dans un climat constructif", elle a par ailleurs souligné que "les problèmes des urgences doivent être traités globalement". De son côté, l'Amuhf a bien noté certaines "avancées", Frédéric Pain, son secrétaire général, ayant rapporté que la Dhos n'avait "pas exclu notamment une petite rallonge budgétaire". Les urgentistes ont toutefois décidé de poursuivre la grève, estimant que "la mobilisation" devait "rester massive" pour obtenir que le ministère de la santé prenne des "engagements concrets et fermes" mercredi.
Exigence de transparence
Outre une "rallonge budgétaire", l'Amuhf réclame que les urgences bénéficient du "forfait consenti aux services mobiles d'urgence et de réanimation (SMUR) pour leurs tâches de services publics". L'Amuhf réclame aussi le maintien du régime du temps de travail actuel, rejetant toute application de la directive européenne qui exclurait du temps de travail "le temps passif", c'est-à-dire non consacré à une intervention proprement médicale. Par ailleurs, l'organisation de Patrick Pelloux demande que "la transparence soit respectée dans la ventilation des moyens prévus pour 2005 au titre du 'plan urgences' 2003", en excluant tout "copinage".
Autre rendez-vous majeur pour l'organisation de la permanence des soins, la négociation prévue jeudi entre la caisse d'assurance maladie et trois syndicats de médecins libéraux (CSMF, SML, Alliance) en vue de revaloriser les gardes et astreintes. Un accord semble possible après la publication au journal officiel, vendredi dernier, du décret réclamé de longue date par les professionnels de santé organisant la permanence des soins. Ce texte, qui complète un précédent décret paru le 16 septembre 2003, prévoit notamment que "l'accès au médecin de permanence fait l'objet d'une régulation préalable qui est organisée par le Samu". Après parution du décret, un accord entre la Caisse d'assurance maladie et les trois syndicats sur la rémunération des gardes est censé avoir une fonction incitative pour une plus grande implication des praticiens libéraux dans les gardes.
Photo d'ouverture : archives
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