Les urgentistes poursuivent leur grève

Par AFP, le 14 avril 2005 à 09h06 , mis à jour le 14 avril 2005 à 20h47

L'Association des médecins urgentistes hospitaliers a décidé jeudi la poursuite de la grève entamée il y a onze jours. L'Amuhf juge insuffisante les propositions de la Direction des hôpitaux.

greves urgences © TF1

A défaut de propositions concrètes, les urgentistes de l'Amuhf poursuivent leur mouvement de grève entamé il y a onze jours. L'association a reçu jeudi des propositions de la Direction des hôpitaux à la suite de discussions au ministère de la santé. Elle a décidé de poursuivre la grève, jugeant le texte insuffisant. Mercredi, à l'issue d'une réunion au ministère de la Santé, les urgentistes avaient reconnu que la négociation avait bien avancé mais que "ça ne permet pas de lever le mouvement", avait toutefois estimé Frédéric Pain, le secrétaire général du syndicat, après plus de six heures de discussions avec le directeur de la direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins (DHOS), Jean Castex.

Frédéric Pain a précisé que "M. Castex avait dit qu'il pouvait dégager des moyens supplémentaires" pour un montant compris entre "5 et 10%" des 175 millions d'euros alloués cette année aux urgences dans le cadre du plan Urgences (498 millions d'euros sur cinq ans), une somme que l'Amuhf juge toutefois "insuffisante". Marc Giroud, président de Samu de France, reçu également, a évoqué une enveloppe de 15 millions d'euros". Mercredi, les chiffres de la mobilisation ont été "stables, avec une participation de 70% dans les CHU et 90% dans les CH", comme la veille, selon l'Amuhf. Le mouvement ne semblait pas avoir d'incidence sur les patients du fait des assignations d'urgentistes grévistes.

Le privé sur la brèche

Le président de l'Amuhf, Patrick Pelloux, avait déjà prévenu avant la rencontre de mercredi qu'il était hors de question de lever le mouvement de grève tant qu'il n'y aurait "pas eu un engagement fort du gouvernement". Il attend notamment le doublement de l'enveloppe du plan Urgences pour 2005. L'Amuhf réclame d'autre part le maintien du régime du temps de travail actuel, rejetant toute application de la directive européenne qui exclurait du temps de travail "le temps passif", c'est-à-dire non consacré à une intervention proprement médicale. Le syndicat demande aussi que le financement des urgences bénéficie d'une extension du "forfait consenti aux services mobiles d'urgence et de réanimation (SMUR) au titre des tâches de services publics remplies par les urgences hospitalières".

Après une rencontre avec les urgentistes vendredi dernier, la DHOS avait annoncé que des moyens immédiats "seraient dégagés dans les prochains jours" pour les urgences hospitalières au titre de l'enveloppe déjà fixée pour 2005. En outre "une réflexion" sur leur financement sera "engagée sans délai". Dans ce contexte, la Fédération de l'hospitalisation privée a rappelé mercredi que les cliniques privées offraient une centaine de services d'urgence qui pouvaient "régler partiellement" l'engorgement des urgences des hôpitaux publics. La FHP a annoncé qu'elle avait ouvert mardi soir un site Internet (www.urgencescliniques.com) permettant "de faire connaître au public les quelque 120 services d'urgence privés existant en France".

Par AFP le 14 avril 2005 à 09:06
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