La dernière rencontre entre Philippe Douste-Blazy et les représentants des urgentistesAprès 17 jours de grève, les urgentistes ont décidé de "suspendre" leur mouvement mercredi soir, après la signature d'un "relevé de conclusions" avec le ministère de la Santé. Frédéric Pain, le secrétaire général de l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuhf), l'a confirmé après l'annonce, un peu plus tôt dans la journée, du ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy.
Le relevé de conclusions prévoit notamment une rallonge budgétaire de 15 millions d'euros pour 2005. "Il reste des régions où ça grogne, comme en Bretagne ou en Bourgogne, mais on va maintenant essayer de régler les problèmes au cas par cas", a ajouté le secrétaire général de l'Amuhf. Les urgentistes avaient entamé leur grève le 4 avril pour protester contre l'engorgement des urgences et le manque de moyens. Comme prévu, le mouvement n'a pas pénalisé les patients en raison des assignations de médecins. En cas de grève dans les hôpitaux, les professionnels peuvent en effet être réquisitionnés (par assignations) pour assurer les soins.
Les urgentistes s'étaient notamment mobilisés pour protester contre la saturation des services d'urgence et demandaient des engagements précis pour qu'il n'y ait pas trop de lits fermés l'été prochain. Ils avaient en outre adressé une lettre ouverte au président de la République concernant une directive européenne sur le temps de travail, actuellement en débat au Parlement européen, qui pourrait, selon eux, "mettre en danger la sécurité des patients".
Temps de travail : pas de retour sur les acquis sociaux
Philippe Douste-Blazy s'est "réjoui" de la décision de l'Amuhf avant de préciser que les "15 millions ne seront pas seulement dévolus aux urgences, mais aussi à l'aval, c'est-à-dire la gériatrie, la pédiatrie et l'hospitalisation à domicile". Pour Frédéric Pain, l'accord "est un compromis, c'est le minimum qu'on pouvait admettre". Il a "regretté qu'il n'y ait pas eu une vraie négociation". "Notre inquiétude sur la situation hospitalière reste la même, notamment à l'approche de l'été", a-t-il ajouté. Au plan des points positifs, il a toutefois salué le fait que "désormais, il y a aura une vraie concertation (sur les urgences, ndlr) département par département avec le ministère et les ARH (agences régionales d'hospitalisation) ce qui n'existait pas du tout avant".
Selon lui, 10% environ des 15 millions de rallonge annoncés par le ministre iront aux urgences. Frédéric Pain s'est également félicité que l'Amuhf ait obtenu "une assurance écrite du ministre" sur la directive du temps de travail "confirmant le fait que la France ne reviendra pas sur les acquis sociaux du temps de travail des médecins".
Photo d'ouverture : la dernière rencontre entre Philippe Douste-Blazy et les représentants des urgentistes - DR
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