© INTERNELe mouvement dure, mais sans impact visible, les grévistes ayant tous répondu aux ordres de réquisition et assurant les soins aux patients comme à l'accoutumée. Mais si les services d'urgence fonctionnent normalement, la motivation baisse. "Il y a un sentiment de lassitude chez les grévistes", a reconnu lundi Frédéric Pain, secrétaire général de l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuhf), à l'origine de la grève des urgentistes, entrée lundi dans sa troisième semaine. "La mobilisation reste forte dans certaines régions, comme la Bretagne, mais les médecins, qui n'ont pas une culture syndicale forte, sont un peu découragés face à un gouvernement qui ne réagit pas beaucoup".
Ce constat dressé par l'Amuhf avait déjà été fait en cours de journée par la Direction de l'hospitalisation (Dhos). "La tendance nationale du taux de mobilisation est à la baisse", avait indiqué dans un communiqué cette direction du ministère de la Santé. Selon la Dhos, le taux de mobilisation s'est élevé lundi à "25,53% dans les centres hospitaliers universitaires (CHU) et 48,38% dans les centres hospitaliers".
Une enveloppe de 190 millions d'euros pour 2005
Dans ce contexte, ce mouvement qui s'essouffle pourrait trouver sa fin rapidement... Peut-être bien dès mercredi, après une ultime rencontre avec la Dhos. "Nous devons rencontrer une nouvelle fois Jean Castex (directeur de l'hospitalisation) mercredi après-midi et nous devrions signer à cette occasion un relevé de conclusions en une dizaine de points qui prévoit notamment une enveloppe de 190 millions d'euros pour les urgences en 2005", a indiqué Frédéric Pain. "Après la rencontre avec M. Castex, nous devons être reçus dans la foulée par Philippe Douste-Blazy au sujet de la directive européenne sur le temps de travail", a-t-il ajouté, soulignant que "si ces deux rencontres se passent bien, nous suspendrons le mouvement".
Les urgentistes sont notamment mobilisés pour protester contre la saturation des services d'urgence et demandent des engagements précis pour qu'il n'y ait pas trop de lits fermés l'été prochain. Ils ont en outre adressé une lettre ouverte au président de la République concernant une directive européenne sur le temps de travail, actuellement en débat au Parlement européen, qui pourrait, selon eux, "mettre en danger la sécurité des patients".
Photo d'ouverture : archives
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