Bras de fer autour d'Onur Air

le 14 mai 2005 à 19h27 , mis à jour le 14 mai 2005 à 21h53

La décision des Pays-Bas, de l'Allemagne, de la Suisse et de la France d'interdire de vol la compagnie turque Onur Air pour raisons de sécurité suscite des tensions avec la Turquie. L'éventualité de mesures de rétorsion de ce pays a cependant été démentie par le ministre turc des Transports.

passagers onur air

Des contre-mesures turques ne sont pas à l'ordre du jour. Le ministre des Transports lui-même a dû le préciser samedi à Istanbul. Mais la tension est perceptible entre la Turquie et les pays européens qui ont décidé de suspendre l'autorisation de vol d'Onur Air. Cette éventualité des contre-mesures avait d'ailleurs été évoquée dans la journée par un dirigeant de la compagnie aérienne turque. Il n'avait pas hésité à affirmer que les autorités turques avaient refusé le rapatriement des clients de son entreprise par les compagnies de pays ayant pris des mesures contre elle. Mais samedi soir, le ministre turc des Transports a calmé le jeu, estimant que "l'expression d'émotions dans les relations internationales" ne pouvait que nuire à la Turquie.

Premiers des pays européens, les Pays-Bas ont interdit jeudi Onur Air, pour un mois, pour des "raisons de sécurité". Une mesure similaire a ensuite été adoptée par l'Allemagne, puis par la Suisse et la France. Selon le texte des autorités de l'aviation civile néerlandaise, la décision de suspendre les vols de la compagnie turque est fondée "sur des déficiences de sécurité sérieuses observées concernant les appareils, les procédures d'opération et la maintenance des avions". Onur Air a menacé vendredi de poursuivre en justice l'Allemagne et les Pays-Bas si les deux pays ne donnaient pas d'explication satisfaisante à leurs décisions d'interdiction des vols. Ses dirigeants devraient accompagner lundi une délégation turque aux Pays-Bas.

"Problème technique"

Conséquence immédiate : 40.000 voyageurs bloqués dans les aéroports. Et une belle pagaille en perspective pour les rapatrier. Pagaille qui aurait tourné au chemin de croix pour les voyageurs concernés si les menaces de rétorsion brandies par les dirigeants d'Onur Air étaient entrées dans les faits. Mais selon le directeur de l'aéroport d'Antalya, au sud de la Turquie, cité par Anatolie, deux compagnies allemandes, Hapag-Lloyd et LTU, ont d'ores et déjà participé au rapatriement de 2.500 clients d'Onur Air à partir de cette ville balnéaire aux côtés de deux entreprises turques. "Nous avons embarqué 2.500 voyageurs dans des avions d'autres compagnies et selon un plan bien organisé", a déclaré le responsable, précisant que huit appareils avaient pour destination les Pays-Bas, sept l'Allemagne et un la Suisse. Tous les clients d'Onur Air "seront rapatriés sans difficulté", a-t-il ajouté.

Le ministre turc a qualifié samedi le différend de "problème technique" devant être résolu lundi lors d'une réunion entre responsables de l'aviation civile turque, néerlandaise et allemande aux Pays-Bas. "S'il ne s'agit pas d'une (question) technique mais politique, nous l'apprendrons après cette réunion. Et bien sûr nous prendrons nos propres mesures", a-t-il toutefois ajouté.

Photo d'ouverture : passagers d'Onur Air en attente d'embarquement - DR

le 14 mai 2005 à 19:27
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience