Cacophonie de Pentecôte

le 15 mai 2005 à 12h51 , mis à jour le 16 mai 2005 à 07h57

Jour férié, jour travaillé normal, RTT, congé exceptionnel, jour de grève... Que ce soit dans le public ou le privé, dans les services ou les transports, le lundi de Pentecôte travaillé peine à entrer en pratique. 55% des Français annoncent déjà qu'ils seront en congé, sous une forme ou une autre.

placard placardisé homme ennui travail © INTERNE

Travaillé, férié ou jour de grève, le lundi de Pentecôte s'annonce comme une journée de cacophonie sociale et administrative, avec un risque de vraie pagaille, là où le gouvernement espérait un consensus autour de la solidarité envers les personnes âgées. Un sondage Ifop-Dimanche Ouest France donne la mesure de la résistance rencontrée par le gouvernement dans sa volonté de faire appliquer la loi supprimant un jour férié, élaborée au lendemain de la catastrophe de la canicule de 2003 (15.000 morts). A l'en croire, en effet, 55% des Français ne travailleront pas lundi, contre 44% (1% ne s'étant pas prononcés) : 28% seront "en congé ou RTT", 13% précisent que leur entreprise sera fermée et 14% feront grève. Selon un sondage CSA-Aujourd'hui en France/Le Parisien, 68% souhaitent d'ailleurs l'abandon pur et simple de la journée de solidarité.

Transports, administration, entreprises : une certaine confusion devrait donc régner lundi, même s'il faudra vérifier in vivo si cette journée tient davantage d'un début de semaine classique ou d'un week-end prolongé. Dans les transports, la situation s'annonce normale à la SNCF, où le jour férié a été maintenu moyennant sept heures de travail supplémentaires sur l'année, mais il devrait en être autrement dans les transports urbains. En province, 89 villes sont concernées par des appels à la grève, de même que la RATP où six syndicats ont déposé un préavis de 24 heures : étonnamment, toutefois, la direction de la régie table sur un trafic proche de la normale, hormis pour le RER B.

Plusieurs centaines d'appels à la grève

Autre point d'interrogation : l'école. Les syndicats d'enseignants appellent à la grève et la FCPE exhorte les parents à garder leurs enfants. Le service des cantines pourrait être notablement perturbé. Dans 18 académies sur 25, l'administration n'en a pas moins programmé des examens ce qui fait craindre à Gérard Aschieri (FSU) que "des jeunes soient absents aux examens faute de transport" et que "d'autres doivent repasser leurs examens, faute d'examinateurs". Les Préfectures seront ouvertes ainsi que les bureaux municipaux parisiens, mais les services de plusieurs mairies, conseils régionaux ou généraux resteront fermés. Six syndicats ont appelé à la grève dans la Fonction publique, cinq à EDF, six à La Poste. Dans les hôpitaux, les soins seront normalement assurés. Dans l'aviation civile, l'administration a réquisitionné des contrôleurs aériens.

Au total plusieurs centaines d'appels à la grève ont été recensés dans le public et dans le privé : métallurgie, agroalimentaire, construction, banques, grande distribution où toutefois les grands magasins seront souvent ouverts. Mettant au premier plan les questions de pouvoir d'achat et d'emploi, sujets sensibles à quinze jours du référendum sur le traité constitutionnel européen, la journée prendra encore un visage mi revendicatif-mi festif avec ici et là des rassemblements et pique-nique syndicaux.

"Enjeu majeur"

Côté gouvernement, l'heure est en tout cas à la mobilisation comme l'attestent des agendas ministériels copieusement fournis. Dans une interview au Figaro, la secrétaire d'Etat aux personnes âgées, Catherine Vautrin, veut croire qu'"avec le temps", la journée de solidarité (2 milliards d'euros supplémentaires pour la dépendance) "s'imposera". S'agissant d'un dispositif souvent jugé injuste par les salariés et insuffisant par les professionnels du secteur, Mme Vautrin évoque toutefois des "aménagements", le Premier ministre ayant demandé une évaluation d'ici fin juin.

Interrogé sur France Inter dimanche, le ministre délégué au Budget a reconnu que "ce n'est jamais très drôle, sur le moment, de devoir renoncer à un jour férié", mais, faisant appel à "l'esprit de responsabilité". Jean-François Copé s'est dit persuadé que "petit à petit, les uns et les autres, nous allons prendre conscience que cette mesure a été prise parce qu'il y a un enjeu majeur : la solidarité vis-à-vis des personnes âgées et dépendantes". Le "prélèvement des cotisations aura bien lieu", quel que soit le nombre de grévistes, a encore assuré le ministre.

Photo d'ouverture : archives

le 15 mai 2005 à 12:51
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience