
Plusieurs centaines de chirurgiens ont pris le train mardi à Paris à destination de l'Angleterre pour un "exil symbolique" de quatre jours. Une opération pour protester contre la baisse de leurs revenus et la hausse des primes d'assurances mais aussi "la crise de vocations" qui frappe la chirurgie française.
Quelque 800 praticiens s'étaient inscrits pour cet exil temporaire mais le nombre des participants était "légèrement inférieur", selon Xavier Gouyou-Beauchamp, un porte-parole du collectif Chirurgiens de France. Selon lui, "un certain nombre de chirurgiens ont été réquisitionnés alors qu'il est vrai, le mois de mai est traditionnellement un mois de forte activité en chirurgie". D'après la SNCF, quelque 400 personnes ont pris place à bord de l'Eurostar spécial entièrement loué par les manifestants.
La profession, "qui demande juste l'application des accords de l'été 2004, [n'a] toujours aucune nouvelle du ministère", a dénoncé le porte-parole. Les chirurgiens se plaignent notamment du montant de leurs primes d'assurance, "multiplié par dix en dix ans", et de l'insuffisance de leur rémunération pendant les astreintes. "Le problème, "c'est qu'on a un ministre de la Santé sur le départ, qui fait tout pour gagner du temps et que son successeur hérite du problème après le référendum", a affirmé Xavier Gouyou-Beauchamp. "Si ça continue il y aura un "après exil, d'autres actions durant l'été", a-t-il ajouté.
Grève du bistouri
Les chirurgiens libéraux en partance doivent effectuer un "exil symbolique" de quatre jours à Camber Sands, à 120 km au sud de Londres. Costumes civils, ni slogan, ni pancarte, les manifestants ont pris place à bord de l'Eurostar, comme des passagers ordinaires. Dès lundi, quelque 2.500 praticiens avaient déposé leurs bistouris entamant ainsi l'opération "La France sans chirurgiens". Certains ont également envoyé "symboliquement leur outil de travail, leur bistouri, au ministre de la Santé", ainsi qu'une courte lettre dans laquelle ils demandent à Philippe Douste-Blazy de "respecter les accords signés pour sauver la chirurgie française". Le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé a assuré sur France Inter que "le gouvernement tiendrait ses engagements", aussi bien en ce qui concerne les rémunérations que les problèmes d'assurance.
Le collectif Chirurgiens de France avait renoncé à une opération similaire en août dernier après avoir obtenu des promesses de compensation du gouvernement - une enveloppe de 52 millions d'euros. Mais il affirme que les termes de l'accord n'ont pas été appliqués. "Les chirurgiens se sentent trahis et sont déterminés à le montrer", a déclaré le porte-parole du collectif Philippe Cuq.
photo : des chirurgiens sur le départ pour l'exil temporaire (LCI)
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