Cinq prétendants au titre de "patron des patrons"

Par , le 10 mai 2005 à 09h52 , mis à jour le 11 mai 2005 à 11h17

Cinq candidats, une femme, quatre hommes, deux "frères de"... les aspirants à la succession d'Ernest-Antoine Seillière à la présidence du Medef avaient jusqu'à lundi soir pour se déclarer. Quel est le futur visage du patronat ?

[Expiré] [Expiré] Medef montage candidats présidence © AFP

Un couple, une femme, un ancien ministre, un frère d'ancien ministre.... les candidats à la présidence du mouvement patronal se sont déclarés et cinq ont été retenus pour concourir. Ils passeront un grand oral le lundi de Pentecôte devant le conseil exécutif du Medef avant l'élection du 5 juillet.

  • Francis Mer et Guillaume Sarkozy, le "ticket politique" 

Francis Mer : 65 ans
Président de la Fondation pour l'innovation politique
Ancien ministre de l'Economie et ancien PDG d'Arcelor
Guillaume Sarkozy : 53 ans
Président de l'Union des Industries Textiles (UIT)
Vice-Président du Medef
Président de Tissages de Picardie

Atout : Le "ticket" Mer-Sarkozy s'est récemment formépour permettre, notamment, au vice président du Medef de se porter candidat sans trop mettre en avant son nom. Etre le frère du président de l'UMP et candidat à peine dissimulé à la présidence de la République n'est pas forcément un avantage pour celui qui devra conduire le patronat.

En s'associant avec Francis Mer, Guillaume prend ses distances avec Nicolas, l'ancien patron d'Arcelor s'étant plusieurs fois heurté aux positions de son successeur à Bercy.

Point faible : La côte de Francis Mer auprès des patrons et notamment des petits entrepreneurs n'est pas au beau fixe. Jugé "hautain et agressif", son attitude lorsqu'il dirigeait Bercy n'a pas laissé que de bons souvenirs aux membres du Medef.

  • Hugues-Arnaud Meyer : 46 ans, "L'homme des territoires"

Président du Medef Auvergne
Président d'Abeil, une PME patrimoniale de matelas

Atout : c'est le candidat des régions. Le Président du Medef Auvergne bénéficie du soutien des Medef territoriaux, entités relancées par Ernest-Antoine Seillière.

Pont faible : Manque de notoriété. Une faiblesse qui pourrait cependant lui porter chance alors que le prochain président du Medef est vu comme un personnage de transition après un "baron très médiatique".

Ambition : Pour lui, le Medef doit être plus collégial pour éviter la cacophonie. Il veut "replacer le Medef en effervescence" et en faire un "lobby positif".

  • Yvon Jacob : 62 ans, "Sérail politique"

62 ans, "Sérail politique"
Président du Groupe des fédérations industrielles
Président du groupe de surveillance de Legris Industries (mécanique)

Point faible : Yvon Jacob a été député RPR entre 1992 et 1997, une expérience qui pourrait fragiliser sa candidature, les membres du Medef souhaitant échapper aux colorations politiques.

Atout : L'ancien député tourne cette expérience à son avantage en arguant qu'il a fait de la politique pour "faire avancer les choses pour les entreprises". Il avance également son expérience des arcanes politiques, un atout dont le futur président du Medef aura sans doute besoin.

Ambition : Il souhaite s'entourer d'entrepreneurs "qui auront le lien avec le terrain" et alléger les contraintes qui pèsent sur l'entreprise en France.

  • Laurence Parisot : 45 ans, "La candidate du tertiaire"

 

45 ans, "La candidate du tertiaire"


Membre du Conseil exécutif du Medef


Présidente de l'institut de sondage Ifop et d'Optimum (menuiserie)

Point faible : c'est une femme. Manque d'expérience. Les mauvaises langues la disent "adoubée par le baron Seillière". C'est lui qui l'a nommée au Conseil exécutif de l'instance et l'a poussée à dévoiler sa candidature lors de l'assemblée générale de janvier.

Atout : c'est une femme. Elle est la seule parmi les cinq candidats à venir du tertiaire, un secteur toujours plus important en France et principal pourvoyeur d'emplois.

Ambition : "Je préfère être pédagogique que démagogue", déclare la présidente de l'Ifop en n'hésitant pas à dire que la France "est en train de dégringoler" et qu'elle crée moins de richesses et d'emplois que la plupart de ses voisins européens. La candidate veut incarner un Medef libéral qui n'est pas selon elle synonyme d'anti-social, un Medef "visionnaire, ouvert, communiquant et puissant".

  • Charles Beigbeder : 41 ans, "L'outsider"

41 ans, "L'outsider"

PDG du groupe énergétique Poweo (challenger d'EDF)
Président de l'organisation patronale Croissance Plus (qui regroupe 170 entreprises à forte croissance)

Point faible : Dernier à se déclarer candidat, ce jeune patron est plus connu du grand public, grâce à son nom (il est le frère de l'écrivain Frédéric Beigbeder) que des chefs d'entreprises.

Atout : Le patron de Poweo fait figure d'outsider. Il se présente comme un "entrepreneur-candidat", un atout face à des concurrents plus "institutionnels".

Ambition : L'ancien patron de start-up, il avait dirigé Self-trade, veut un Medef moins politique et plus réaliste. Voire pragmatique. "Je ne suis pas d'un pessimisme outrancier mais je souhaite tenir un langage simple et honnête. Les délocalisations vont s'accélérer, des entreprises vont mourir, il faut inciter tout le monde à créer et innover", a déclaré Charles Beigbeder aux Echos.

Par Sophie Lutrand le 10 mai 2005 à 09:52
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