© INTERNEEDF et le groupe milanais AEM ont scellé vendredi la reprise du numéro deux italien de l'électricité Edison. Les deux groupes vont former une holding, du nom générique NewCo, qui va reprendre les 63% d'Edison détenus par une autre holding, Italenergia Bis (Ieb). Ils lanceront ensuite une offre publique d'achat (OPA) obligatoire, probablement en juillet, sur les titres Edison restant en circulation et espèrent achever l'opération d'ici la fin de l'été, selon le président d'AEM, Giuliano Zuccoli. "Il est absolument certain qu'EDF aura à la fin de l'opération 50% du capital d'Edison", a indiqué de son côté le président du groupe français, Pierre Gadonneix, au quotidien Il Sole 24 Ore.
Les deux groupes ont déterminé minutieusement la répartition des postes et la modalité des prises de décision au sein du groupe, EDF obtenant le droit de nommer l'administrateur délégué d'Edison qui détient la majorité des pouvoirs. De son côté, AEM nommera le président et le directeur financier d'Edison et les deux groupes auront autant de représentants au conseil d'administration.
La prudence d'EDF
Sur le plan financier, EDF va subir une forte-moins value dans l'opération. Et rendu prudent par plus de quatre ans de bataille en Italie, le groupe a prévu des clauses suspensives si le gel de ses droits de vote dans Edison n'est pas effectivement levé d'ici fin mai ou si le prix de l'OPA est encore revu en hausse. A ces opérations, les deux groupes vont devoir ajouter la prise en charge de la dette d'Edison, qui s'élevait à 5 milliards d'euros fin mars. Au final, EDF apparait comme le pilote de l'opération car AEM cherche des partenaires pour l'épauler dans la prise en charge financière de sa part d'Edison. Pour cela, la société milanaise, un poids-plume par rapport au groupe public français, a créé une holding Delmi dont elle n'espère plus à terme détenir que 51% contre 95%.
La conclusion de la reprise d'Edison est aussi suspendue au feu vert des autorités de la concurrence européennes mais Pierre Gadonneix s'est dit "prudent mais confiant" dans cette autorisation. Il a cependant prévenu que si les conditions posées par Bruxelles n'étaient pas acceptables, le groupe les refuserait et reprendrait le dossier. "Il faudrait recommencer à zéro mais cette fois, fort du fait qu'Edison intéresse beaucoup de monde et que ses actions ont une valeur concrète", a-t-il souligné. Pour le président d'EDF, cet accord ouvre un "nouveau chapitre dans la politique énergétique, non seulement entre la France et l'Italie mais aussi en Europe".
Photo d'ouverture : archives
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