
Au lendemain de sa décision de prolonger d'une nouvelle semaine l'interdiction de vente des huîtres d'Arcachon, le préfet de la Gironde Alain Géhin a demandé samedi que de nouvelles analyses soient pratiquées "en urgence" par le laboratoire national de référence (LNR) de l'AFSSA. Ceci afin d'effectuer un croisement de données scientifiques discordantes relatives à la contamination des huîtres par des algues toxiques. Le préfet a précisé dans un communiqué que des résultats parvenus samedi, et effectués par le laboratoire départemental d'analyses de la Vendée, "divergent de ceux constatés par l'Ifremer, puisque les souris sont restées vivantes plus de 24 heures".
Or, c'est en s'appuyant sur les premiers résultats de l'Ifremer, selon lesquels la toxicité des huîtres ne faisait pas de doute, qu'avait été prise la décision de prolonger l'interdiction. "Une telle situation discordante confirme les interrogations scientifiques en cette matière et la nécessité d'obtenir rapidement des éléments complémentaires", a ajouté le communiqué de la préfecture.
Nouvelle manifestation à Arcachon
C'est en réponse à la demande des ostréiculteurs que les prélèvements effectués sur les huîtres d'Arcachon, analysés en premier lieu par l'antenne de l'Ifremer de la ville, avaient été soumis à un deuxième laboratoire, également certifié, en l'occurrence le laboratoire départemental d'analyses de la Vendée. La semaine dernière, le Préfet avait donné aux professionnels de la filière cette assurance, que les données scientifiques seraient croisées.
De nouveaux prélèvements seront donc effectués lundi et analysés par l'antenne Ifremer d'Arcachon, le laboratoire départemental d'analyses de la Vendée et le LNR de l'AFFSA (garant du protocole scientifique mené en la matière) "afin de déterminer les raisons d'une telle discordance" entre les résultats, précise la préfecture. "Il va de soi que, dans l'hypothèse où les nouvelles analyses confirmeraient la tendance observée aujourd'hui, la réouverture de la pêche, du ramassage, du transport, du stockage, de l'expédition et de la vente en vue de la consommation humaine des huîtres et coquillages du bassin d'Arcachon serait évidemment possible".
Depuis le début de la crise, les 376 entreprises ostréicoles du bassin d'Arcachon, qui emploient environ un millier de personnes, ont fermé, avec une perte estimée à 900.000 euros par semaine, selon la section régionale conchylicole. Les ostréiculteurs, qui estiment ces pertes difficilement rattrapables avaient rejeté jeudi les aides proposées par le ministère de l'Agriculture. Une nouvelle manifestation a eu lieu samedi en fin d'après-midi à Arcachon. Quelques soixante plates ont tournoyé devant la plage d'Arcachon, les manifestants actionnant des cornes de brume ou tapant avec des gaffes sur le pont métallique des bateaux. Une manifestation sans incident, "pacifique", comme le voulaient les organisateurs qui avaient appelé au calme.
Photo d'ouverture : manifestation d'ostriculteurs à Arcachon - DR
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