Les excuses des ostréiculteurs

le 21 mai 2005 à 08h37 , mis à jour le 21 mai 2005 à 22h24

La persistance de micro-algues toxiques a contraint vendredi la préfecture de la Gironde à maintenir l'interdiction de vente des huîtres du bassin d'Arcachon. Les ostréiculteurs ont laissé éclater leur colère. Six d'entre eux ont été placés en garde-à-vue après des incidents violents. Ils s'en sont excusés samedi soir.

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Après la colère... les excuses. Les ostréiculteurs du Bassin d'Arcachon se sont dits "désolés" samedi après les violents incidents survenus la veille et qui ont débouché sur six gardes à vue. "Le dialogue avec les autorités est renoué alors qu'il était totalement coupé", a ajouté Joël Dupuch, président par intérim des ostréiculteurs du Bassin d'Arcachon à l'issue d'une rencontre samedi après-midi à Bordeaux entre le préfet Alain Géhin et une délégation de six ostréiculteurs.

Environ 200 ostréiculteurs en colère avaient en effet brûlé vendredi soir des palettes et des pneus sur la plage d'Arcachon pour protester contre la prolongation de l'interdiction des ventes d'huîtres annoncée  dans la matinée par la préfecture de Gironde. La préfecture avait décidé de maintenir cette mesure imposée depuis le 4 mai en raison de la présence de micro-algues toxiques, les derniers tests ayant révélé une "présence anormale de toxines" malgré des résultats encourageants en milieu de semaine. Les 350 entreprises ostréicoles du bassin d'Arcachon ont dû fermer leurs portes à cause de cette interdiction qui entraîne une perte estimée à 900.000 euros par semaine, selon le syndicat des ostréiculteurs.

Le président de la section conchylicole en garde à vue

Conséquence des incidents violents de vendredi soir : trois ostréiculteurs, parmi lesquels figure le président de la section régionale conchylicole, Marc Druart, ont été placés en garde à vue à Bordeaux pour "destruction ou dégradation de biens publics en bande organisée" et aussi pour "des actes qui ont mis en danger la vie des personnes", a indiqué le procureur Bertrand de Loze. Au cours des manifestations de vendredi soir, des tirs tendus de fusées de détresse ont en effet été dirigés vers des pompiers et des forces de l'ordre. "L'une des ces fusées a atteint un immeuble d'habitation à Arcachon et aurait pu avoir de graves conséquences en terme d'incendie", a dit le procureur de la République de Bordeaux.

Par ailleurs, trois autres ostréiculteurs, dont le propriétaire et pilote d'une embarcation qui a éperonné à quatre reprises vendredi soir une vedette de la brigade nautique de la gendarmerie d'Arcachon, occasionnant de graves dégâts et mettant en danger la sécurité du personnel à bord, ont été placés en garde-à-vue à Andernos. Un hélicoptère de la gendarmerie a également essuyé des tirs directs de fusées de détresse, a indiqué le colonel Régis Barou, commandant le groupement de la Gironde.

Photo d'ouverture : scène des violences de vendredi soir à Arcachon - DR

le 21 mai 2005 à 08:37
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