© INTERNEL'emploi salarié dans le secteur concurrentiel a progressé de 0,1% au premier trimestre 2005, soit 11.400 personnes, et enregistre une hausse de 0,4% sur un an, selon les statistiques provisoires publiées vendredi par le ministère de l'Emploi. Cette hausse représente certes une amélioration par rapport au trimestre précédent, qui avait connu une stagnation, l'année 2004 se terminant sur une progression très faible de l'emploi salarié (+17.000 postes). Mais elle est insuffisante pour endiguer un chômage qui ne cesse d'augmenter (10,2% de la population active en mars) et pourrait bientôt dépasser les 2,5 millions de personnes. L'évolution constatée au premier trimestre est en tout cas conforme aux dernières attentes de l'Insee, qui prévoit un marché du travail toujours "très tiède" au cours des six premiers mois de l'année avec quelque 40.000 créations de postes.
Dans ce contexte d'une morosité persistante, l'emploi intérimaire semble se détacher. Il occupait 603.900 personnes fin mars en données corrigées des variations saisonnières, soit une hausse de 1,4% par rapport à février et une baisse de 1,0% sur un an, selon les statistiques de l'Unedic publiées vendredi. A noter cependant que malgré ce redémarrage, la baisse représente 5,5% au premier trimestre... Le recours à l'intérim reste prépondérant dans l'industrie, secteur qui emploie 47,0% des intérimaires alors qu'il représente 22,5% de l'emploi salarié total. L'industrie automobile (11,2%), la construction (9,2%) et les industries de biens intermédiaires (8,1%) sont les secteurs où l'effectif intérimaire par rapport à l'effectif total est le plus important.
Les craintes des salariés
Ce redémarrage sans cesse différé des créations d'emplois n'est pas de nature à apaiser les craintes des Français, en particulier les salariés, qui avaient placé l'emploi au rang de leurs principales revendications lors des journées d'action du premier trimestre et du 1er mai. Le mécontentement social, dont l'expression se cristallise désormais autour du lundi de Pentecôte, porte aussi sur le pouvoir d'achat des salaires, principal moteur des manifestations du 5 février et du 10 mars. Or, là non plus, les statistiques provisoires ne montrent guère d'amélioration.
Le salaire mensuel de base de l'ensemble des salariés (SMB) a progressé de 0,9% au premier trimestre et de 2,7% sur un an. Cela représente un léger gain de pouvoir d'achat pour les salariés (+0,2% au 1er trimestre, +0,7% sur un an), puisque l'indice des prix à la consommation augmente respectivement de 0,7% au premier trimestre et de 2% sur un an. Mais la hausse trimestrielle du pouvoir d'achat du SMB, qui s'établit donc à 0,2 point, ne fait que compenser la baisse équivalente (0,2 point) constatée au trimestre précédent.
Photo d'ouverture : archives
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