© AFP"Nous sommes au milieu des négociations". "La question de la décision du site d'Iter n'est pas encore résolue". Toichi Sakata, directeur-général du Bureau de la recherche et du développement au ministère de Science, a répondu vivement à l'optimisme précoce de la France sur l'attribution du projet Iter au site de Cadarache. "Nous envisageons de soumettre une protestation via les canaux diplomatiques auprès de la France en raison des remarques du président", a déclaré Toichi Sakata. "On l'aura à Cadarache !", avait lancé Jacques Chirac lors d'une intervention sur France 2. "Les remarques (de M. Chirac) sont unilatérales et n'auront certainement pas un impact positif sur les négociations actuelles", a estimé M. Sakata en ajoutant:
Nous envisageons de soumettre une protestation via les canaux diplomatiques auprès de la France en raison des remarques du président", a déclaré Toichi Sakata. Le ministre français délégué à la Recherche, François d'Aubert, avait annoncé jeudi un "accord technique conclu à Genève" entre la Commission européenne, qui négocie au nom de l'UE, et le Japon. "L'intérêt scientifique, industriel et financier du pays non hôte est ainsi préservé puisque l'accord confirme qu'il jouera aussi un rôle fondamental dans la recherche sur la fusion", a ajouté François d'Aubert. Contrairement à ce que ce dernier avait affirmé jeudi, aucune conférence de presse n'était prévue vendredi pour présenter l'accord à la presse.
Compensation
Plusieurs quotidiens japonais ont affirmé mercredi et jeudi que les jeux semblaient faits pour Cadarache. Selon la presse japonaise, en tant que pays non hôte, le Japon devrait obtenir en compensation au moins 20% des contrats de construction d'Iter, soit une garantie que des emplois seront créés sur le sol japonais. Les deux camps s'opposent depuis des mois sur le choix stratégique du site d'Iter. Dans cette âpre compétition, l'UE se battait avec le soutien des Russes et des Chinois pour le site de Cadarache alors que les Japonais bénéficiaient de l'appui des Etats-Unis et de la Corée du sud.
Iter, dont la construction doit démarrer d'ici à la fin de l'année, est un projet estimé à 10 milliards d'euros sur 30 ans (dont 4,57 milliards d'euros pour le seul réacteur). Depuis la fin de l'an dernier, l'UE n'avait pas fait mystère de sa volonté de lancer la construction d'Iter à Cadarache sans le Japon si aucun accord n'était rapidement trouvé.
La fusion thermonucléaire contrôlée représente la quête ultime des physiciens pour doter l'humanité d'une source d'énergie nucléaire plus "propre" et illimitée. Solution de rechange à la fission nucléaire, elle a l'ambition de reproduire ce qui se passe au coeur du soleil, en dégageant une grande quantité d'énergie.
Photo : site de Cadarache (archives)
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