© LCIUn pas (au mieux) du bureau à la chambre, un bras tendu jusqu'à la cuisine et un saut de fourmi jusqu'à la "salle de bain" harmonieusement dissimulée dans un placard, sous la forme d'un lavabo. Les mini-chambres devraient bientôt faire leur retour sur le marché locatif. Le gouvernement a présenté mercredi en Conseil des ministres un article autorisant la location des chambres de bonne de moins de 9m2, a déclaré mardi Marc-Philippe Daubresse. La mesure vise à permettre de remettre sur le marché de la location celles d'une surface comprise entre 7m2 et 9m2, "pour les étudiants et les personnes défavorisés", a déclaré le ministre délégué au logement.
La location de ces chambres "se fera par l'intermédiaire d'un CROUS (Conseil régional des oeuvres universitaires, ndlr) pour les étudiants" et "pour les personnes très défavorisées, par l'intermédiaire des associations", a déclaré le ministre. Un amendement réduira la durée de bail des meublés étudiants. "Jusqu'ici, les baux étaient de 12 mois, et maintenant la durée minimale passe à 9 mois, on se cale sur l'année scolaire". "Cette mesure concerne toutes les chambres meublées, sans contraintes de superficie", a précisé le ministre. Le deuxième amendement "autorise les personnes habitant dans le parc HLM et qui ont des logements trop vastes à sous-louer une partie de leurs logements aux moins de 25 ans, étudiants ou jeunes travailleurs".
L'objectif est que cette loi soit définitivement votée à la fin du mois de juin et que son décret d'application soit pris dans la foulée "afin que tout soit prêt pour la rentrée". Le ministère table sur la mise sur le marché de la location d'"au moins 2.000 logements à Paris".
Du provisoire qui dure
La Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés se dit "réservée" sur toute "mesure d'exception sur les critères de décence et de salubrité lorsqu'il s'agit des pauvres". "C'est comme cela qu'on a fait des cités provisoires qui ont duré", affirme Patrick Doutreligne, secrétaire général adjoint de la Fondation. Il cite aussi l'exemple de l'accueil en hôtels meublés des familles à la rue, "solution temporaire au départ". "On a dit, c'est mieux que la rue. Mais ensuite, on a laissé les familles y vivre des années et on a été moins vigilants sur la qualité", dit-il.
Pour Jean-Baptiste Eyraud, président de Droit au logement (DAL), cette mesure "est un cautère sur jambe de bois". "Les chambres de bonne sont déjà à la limite de la décence, location au noir, sur-occupation, prix exorbitants, en diminuant la surface, on va faire du sous-logement", dit-il.
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