© INTERNEC'est officiel, les opérateurs français de téléphonie fixe vont s'unir. Neuf Telecom et Cegetel ont annoncé mercredi matin leur mariage, confirmant les informations parues dans le quotidien économique Les Echos, et en ont détaillé les modalités lors d'une conférence de presse des deux présidents, Jacques Veyrat pour Neuf Telecom et Denis Martin pour Cegetel, en fin de journée. Ce rapprochement va leur permettre d'atteindre une taille respectable face à France Telecom et Free sur le marché de l'accès internet. Neuf Telecom va prendre le contrôle de la nouvelle entité, qui sera appelée Neuf Cegetel. Jacques Veyrat en prendra la tête. Le groupe sera détenu à 28% par l'actionnaire de référence de Neuf Telecom, Louis Dreyfus, à 44% par les autres actionnaires de Neuf Telecom et à 28% par SFR, maison-mère de Cegetel. La SNCF, l'autre actionnaire de Cegetel avec 35%, cède sa participation à SFR, "selon les accords préexistants", un retrait qui a été critiqué par les syndicats CGT et Sud.
En 2005, Neuf Cegetel devrait réaliser un chiffre d'affaires de 2,8 milliards d'euros, prévoient les créateurs du nouveau groupe. Mi-2007, ils tablent sur quatre millions de clients grand public, dont deux millions à l'Internet haut débit (ADSL). D'autre part, Neuf Cegetel sera introduite en bourse fin 2006-début 2007.
Longtemps pressentie, la fusion a été présentée mardi lors d'un conseil d'administration extraordinaire chez Neuf Telecom. Les élus au comité d'entreprise de Cegetel ont pour leur part été conviés mercredi matin par la direction pour un "échange d'informations sur le projet d'un rapprochement" avec Neuf Telecom. Pour que la fusion soit effective les comités d'entreprises des deux opérateurs doivent donner leur aval et la Direction générale de la Concurrence doit être consultée. De précédentes discussions avaient déjà eu lieu en 2004 entre les deux sociétés mais avaient échoué sur des questions de répartition de capital et de stratégie.
Consolider
Tous les acteurs du marché internet en France s'accordent sur la nécessité d'une "consolidation" du secteur pour faire face à l'omniprésence de France Telecom. Un rapprochement entre ces deux acteurs de moyenne dimension leur permettrait d'atteindre une taille respectable pour s'imposer face à l'opérateur historique et au fournisseur d'accès Free. La nouvelle société deviendrait ainsi le numéro deux de la téléphonie fixe et le numéro trois de l'accès internet. avec dans ce secteur près de 850.000 abonnés et un chiffre d'affaire annuel de 2,5 milliards d'euros.
Dans un marché français en plein essor avec plus de 6 millions d'abonnés à l'internet haut débit (ADSL), France Télécom compte à lui seul près de la moitié du parc avec quelque trois millions de clients. Free est le premier opérateur alternatif avec un peu plus d'un million de clients à fin 2004.
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