Pascal Lamy aux portes de l'OMC

le 13 mai 2005 à 16h01 , mis à jour le 13 mai 2005 à 17h29

Après le retrait de la course du candidat brésilien Luiz-Felipe Seixas-Correa, puis celle du Mauricien Jayen Cuttaree, l'Uruguayen Carlos Perez del Castillo a renoncé à son tour vendredi à briguer la présidence de l'OMC. La voie est pratiquement libre pour Pascal Lamy. Sa nomination devrait être confirmée le 26 mai.

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Le Français Pascal Lamy a désormais toutes les chances de devenir le prochain patron de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) après avoir éliminé trois de ses rivaux, au terme d'une procédure de sélection qui a ignoré l'habituelle césure entre pays riches et pays pauvres. L'ancien commissaire européen au Commerce été recommandé par le comité de sélection chargé de désigner le futur patron de l'institution multilatérale, devant son concurrent, l'Uruguayen Carlos Perez del Castillo, a annoncé l'ambassadeur de l'Uruguay auprès de l'OMC, Guillermo Valles-Galmes. La décision devait être officiellement annoncée dans l'après-midi aux 148 pays membres réunis en séance plénière.

Les Etats devront encore approuver formellement la nomination de Pascal Lamy, 58 ans, lors d'une réunion du Conseil général de l'OMC le 26 mai. Sauf un improbable veto d'un ou plusieurs pays membres, l'ancien bras droit de Jacques Delors à la Commission européenne devrait ainsi remplacer le 1er septembre l'actuel directeur général de l'OMC, le Thaïlandais Supachai Panitchpakdi, pour un mandat de quatre ans. Mais Carlos Perez del Castillo, qui aurait pu en théorie refuser le verdict, a annoncé son retrait de la course. "J'ai demandé à mon gouvernement de retirer ma candidature et j'ai téléphoné à Pascal Lamy pour le féliciter et lui souhaiter bonne chance à la tête de l'organisation", a déclaré l'ancien ambassadeur de l'Uruguay auprès de l'OMC.

La personnalité la plus consensuelle

La désignation de Pascal Lamy met fin à une procédure de sélection qui a vu d'abord l'élimination du candidat brésilien Luiz-Felipe Seixas-Correa, puis celle du Mauricien Jayen Cuttaree, considérés comme moins à même de réunir un consensus. Le nombre de pays soutenant les différents candidats n'a pas été rendu public et la plupart des Etats ont maintenu leur choix confidentiel. La principale inconnue étant la position des Etats-Unis, bien que les diplomates estiment qu'ils ont vraisemblablement soutenu le Français.

Perez del Castillo, qui était soutenu par l'Amérique latine, la Chine et des pays arabes, avait insisté pour que l'OMC continue à être dirigée par le "Sud" au moment où l'OMC doit conclure, au plus tard fin 2006, le cycle de négociations de Doha qui vise à mettre la libéralisation des échanges au services des pays pauvres. Mais cet appel n'a pas empêché des grands pays émergents comme l'Inde ou le Pakistan, habituellement critiques des positions de Bruxelles, de préférer le candidat européen. Ce dernier a aussi manifestement bénéficié d'un bon report des soutiens des 56 pays du groupe Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) qui s'étaient portés sur Cuttaree aux tours précédents. Ces pays sont liés à l'UE par des accords commerciaux préférentiels que contestent les pays d'Amérique latine.

"Nous l'avons vu à l'oeuvre en tant que commissaire européen. Nous pensons qu'en tant que personne il est très compétent", a observé un ambassadeur asiatique, qui se félicite que la désignation du nouveau chef de l'OMC n'ait pas donné lieu comme en 1999 à une division Nord-Sud.

Photo d'ouverture : Pascal Lamy - DR

le 13 mai 2005 à 16:01
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