© LCITrafic paralysé dans plusieurs villes, mais normal ailleurs, écoles fermées par endroits, entreprises tournant au ralenti... la journée de "solidarité" a connu des fortunes diverses pour le premier lundi de Pentecôte travaillé, avec des perturbations plus marquées en province.
Le gouvernement s'est félicité que la "pagaille" n'ait pas été au rendez-vous pour cette journée, instaurée par Jean-Pierre Raffarin par solidarité avec les personnes âgées et handicapées et dont l'impopularité n'a fait que croître auprès des Français à deux semaines du référendum sur la Constitution européenne. Tous les ministres ont semblé conviés à donner l'exemple en travaillant comme un jour de semaine. A l'opposé, les syndicats ont qualifié la journée de "fiasco", voire de "provocation" au moment où la grogne sociale, notamment sur les salaires, s'est amplifiée ces derniers mois.
"Situation globalement très bonne"
Sur le terrain, la province a été plus touchée que la capitale. De l'aveu même du patronat du secteur, la grève dans les transports urbains, a été "assez suivie". Le trafic a été totalement paralysé dans vingt-sept villes, dont Clermont-Ferrand, Lille, Montpellier ou Strasbourg. Mais d'autres villes n'ont pas connu de perturbations, notamment dans le métro parisien, où les salariés de la RATP présents touchaient une prime de près de 100 euros. Le ministre des Transports Gilles de Robien a jugé "la situation globalement très bonne" dans les transports, avec notamment un trafic à la SNCF - où aucun préavis n'avait été déposé - supérieur à la normale... pour permettre aux voyageurs de rentrer de leur week-end ce lundi.
Même satisfecit à Matignon où l'on jugeait l'activité du pays "comparable" à un vendredi du pont de l'Ascension. "Il y a des salariés qui font le pont, d'autres pas, il y a des écoles qui ferment, d'autres pas (..), les gens ont anticipé sur les fermetures programmées. Il n'y a pas de pagaille", déclarait-on dans l'entourage du Premier ministre. De fait, aucune scène de chaos n'a été constatée, nombre de personnes ayant anticipé en prenant une journée de RTT ou un congé classique.
"Le travail gratuit, c'est l'anti-solidarité"
Mais les écoles ont souvent offert un spectacle de cours de récréation désertes et de classes vides. La grève annoncée des enseignants, la crainte de manque de transports scolaires ou de cantine avaient découragé certains parents d'envoyer leurs enfants à l'école.
Au total, plusieurs centaines d'appels à la grève avaient été lancés dans le public (Fonction publique, La Poste, EDF...) et le privé (agroalimentaire, métallurgie, construction). En dépit de ces absences -55% des Français avaient déclaré à l'avance qu'ils n'iraient pas travailler ce lundi-, la journée de solidarité a entraîné une baisse de la fréquentation touristique.
Des manifestations se sont déroulées dans de nombreuses villes, notamment à Marseille, où entre 1.300 et 5.000 ont manifesté derrière une banderole "le travail gratuit c'est l'anti-solidarité". La "journée de solidarité", arrêtée par le gouvernement au lendemain de la canicule de l'été 2003 (15.000 morts), devait permettre de dégager deux milliards d'euros par an. Les syndicats la jugent injuste - car elle met à contribution essentiellement les salariés - et insuffisante aux regards des besoins.
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