© lciConjoncture dégradée, chômage au-dessus de 10%, déficit public qui ne baisse pas... Malgré cette conjoncture défavorable, le ministre de l'économie va devoir construire un budget permettant "l'impulsion nouvelle et forte" promise par Jacques Chirac. La consommation des ménages et les investissements des entreprises ont à peine compensé au premier trimestre un commerce extérieur systématiquement déficitaire et une production industrielle qui régresse. Les patrons ont le moral qui chute depuis octobre et le moral des ménages est le plus faible depuis octobre 2003. Les Français ont une forte crainte du chômage, qui n'a pas augmenté en avril mais reste à un très haut niveau.
Or, le budget a été construit à partir d'une hypothèse de croissance de 2,5%, sans doute trop optimiste, comme souvent : les recettes risquent ainsi d'être plus faibles que prévu et le déficit public de ne pas revenir sous les 3% du PIB, comme beaucoup d'économistes le pensent déjà. Théoriquement, cette situation devrait limiter la possibilité des baisses d'impôt pourtant promises par le président Jacques Chirac, et laisser peu de marges de manoeuvres à la relance de la politique de l'emploi, dont les urnes ont pourtant montré dimanche la nécessité. Or, quelle que soit la voie choisie, cette relance devra être coûteuse pour être efficace, qu'il s'agisse de développer l'emploi aidé ou d'engager une réforme plus profonde, à la danoise, mêlant plus grande flexibilité du travail et protection accrue en cas de chômage.
Le gouvernement pourrait alors être tenté de profiter de l'assouplissement du Pacte de stabilité décidé en mars pour s'affranchir des contraintes budgétaires. Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée nationale a ainsi déclaré mardi à RTL qu'il préférait "avoir la possibilité d'aider des emplois qui coûtent cher, plutôt que d'avoir des chômeurs qui coûtent encore plus cher". Le ministre de l'économie Thierry Breton, donné restant au gouvernement, et celui du budget Jean-François Copé ont, selon leur entourage, déjà bien avancé dans la préparation du budget 2006, qui devrait être modifié pour tenir compte de la nouvelle donne. En revanche, le projet de loi Breton sur les entreprises, dont la discussion devait commencer mardi à l'Assemblée, n'a pour l'instant pas de raison d'être remis en cause, pas plus que la mise en oeuvre des pôles de compétitivité en juillet ou la mise en place de l'Agence pour l'innovation industrielle cet été. Pour l'instant aussi, les ouvertures de capital de GDF et EDF sont toujours annoncées "à l'horizon de l'été" et "d'ici à la fin de l'année".
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