Peu de marges de manoeuvre

le 31 mai 2005 à 18h34 , mis à jour le 31 mai 2005 à 18h49

Naviguer entre "impulsion nouvelle" et budget resserré, voilà la difficile équation de l'hôte de Bercy. Le gouvernement de Villepin doit mener une politique de relance coûteuse au risque de déborder du Pacte de stabilité.

Villepin Dominique sortie Elysée Premier ministre © lci

Conjoncture dégradée, chômage au-dessus de 10%, déficit public qui ne baisse pas... Malgré cette conjoncture défavorable, le ministre de l'économie va devoir construire un budget permettant "l'impulsion nouvelle et forte" promise par Jacques Chirac. La consommation des ménages et les investissements des entreprises ont à peine compensé au premier trimestre un commerce extérieur systématiquement déficitaire et une production industrielle qui régresse. Les patrons ont le moral qui chute depuis octobre et le moral des ménages est le plus faible depuis octobre 2003. Les Français ont une forte crainte du chômage, qui n'a pas augmenté en avril mais reste à un très haut niveau.

Or, le budget a été construit à partir d'une hypothèse de croissance de 2,5%, sans doute trop optimiste, comme souvent : les recettes risquent ainsi d'être plus faibles que prévu et le déficit public de ne pas revenir sous les 3% du PIB, comme beaucoup d'économistes le pensent déjà. Théoriquement, cette situation devrait limiter la possibilité des baisses d'impôt pourtant promises par le président Jacques Chirac, et laisser peu de marges de manoeuvres à la relance de la politique de l'emploi, dont les urnes ont pourtant montré dimanche la nécessité. Or, quelle que soit la voie choisie, cette relance devra être coûteuse pour être efficace, qu'il s'agisse de développer l'emploi aidé ou d'engager une réforme plus profonde, à la danoise, mêlant plus grande flexibilité du travail et protection accrue en cas de chômage.

Le gouvernement pourrait alors être tenté de profiter de l'assouplissement du Pacte de stabilité décidé en mars pour s'affranchir des contraintes budgétaires. Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée nationale a ainsi déclaré mardi à RTL qu'il préférait "avoir la possibilité d'aider des emplois qui coûtent cher, plutôt que d'avoir des chômeurs qui coûtent encore plus cher". Le ministre de l'économie Thierry Breton, donné restant au gouvernement, et celui du budget Jean-François Copé ont, selon leur entourage, déjà bien avancé dans la préparation du budget 2006, qui devrait être modifié pour tenir compte de la nouvelle donne. En revanche, le projet de loi Breton sur les entreprises, dont la discussion devait commencer mardi à l'Assemblée, n'a pour l'instant pas de raison d'être remis en cause, pas plus que la mise en oeuvre des pôles de compétitivité en juillet ou la mise en place de l'Agence pour l'innovation industrielle cet été. Pour l'instant aussi, les ouvertures de capital de GDF et EDF sont toujours annoncées "à l'horizon de l'été" et "d'ici à la fin de l'année".

le 31 mai 2005 à 18:34
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22 Commentaires

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  • Pierre, le 01/06/2005 à 17h18

    Oui christine je comprends que ce n'est pas facile. Mais non je ne comprends pas pourquoi vous avez voté non. Croyez vous que ce NON va augmenter les salaires? Je ne le crois malheureuseusement pas. Croyez vous vraiment que nous allons negocier avec les 14 autres pays sur des bases plus sociales? Je pense que le NON qui vient peut etre du coeur est une erreur est j'espere que vos enfants, comme les miens, n'auront pas à le payer plus tard. Seule une europe forte et unie pourra faire contre poids à la chine ou aux etats unis. Et cette Europe ne sera 25 fois la france.

  • Aze, le 01/06/2005 à 16h16

    Une nouvelle impulsion avec un nouveau chirac, un nouveau villepin et un nouveau sarkozy, ben voyons. On est au delà du foutage de gueule communément pratiqué et admis ...

  • A, le 01/06/2005 à 16h14

    On va encore raser gratis en accumulant davantage les déficits et les dettes. Bravo, c'est du propre. Il faudrait payer à ces énarques un cours de gestion financière niveau ménagère, ça ne leur ferait pas de mal. Verra-t-on un jour un politicien dans ce pays se comporter de façon respectable ?

  • Yoyo, le 01/06/2005 à 16h12

    Faut choisir! Soit on baisse les impôts, mais donc les prestations sociales aussi. Soit on creuse le déficit et on méne donc une politique certe social mais qui ne poura jamais durer bien lomgtemps. On ira droit dans le mur. Choisissez entre un chômage important, mais ou les gens sont assistés OU des personnes non assisté qui travaillent!

  • PACO, le 01/06/2005 à 15h44

    Est ce qu enfin un gouvernement de droite va faire une politique de droite liberale et enfin donner la chance aux entreprises mais aussi aux citoyens de gagner plus d argent. Quelques reformes simples a mettre en place: 1) Baissez les charges des entreprises 2) simplifier les formalites de licenciement (bcp d entreprises n embauche pas car si ils se trompent sur le candidat, ils ne peuvent s en separer facilement ensuite. 3) laisser libres les francais de travailler au dela des 35 heures. Si quelqu un veut travailler 50 heures qu il puisse le faire. 4) donner la possibilite aux Francais de cumuler plusieurs travails. 5) Ne plus payer les chomeurs qui ne font pas d'efforts pour retrouver un emploi 6) creer des travails d interrets generaux. (aide aux personnes agees, debrouissaillage des rivieres, ramassage des papiers au bord des routes, aide a domicile pour garder les enfants etc.....) 7) ouvrir les commerces le W.E. 8) creer des petits jobs sans charges comme : Pompiste, Personne qui range vos courses dans les sacs au super marche, Guides dans les gares, aeroport et endroits touristiques, 9) Developper encore plus l apprentissage. 10) mieux orienter les JEUNES dans les etudes. Cela ne sert a rien d avoir des jeunes qui ont des bac + 10 si il n y apas de debouches.... Y a du pain sur la planche, Mais si Chirac avait fait cela 2n 1995, aujour dhui la France serait devant l angleterre en terme de chomage soit - de 4%.....

  • Laurent, le 01/06/2005 à 14h34

    Augmenter les salaires du prive? Comment augmenter les salaires du prive, a moins d'instaurer un etat communiste?

  • Steph, le 01/06/2005 à 14h07

    Le problème c'est qu'en montant les salaires sans baisser les charges, tu fais monter le chomage et tu crées des délocalisations...Le problème est complexe. Il faut baisser le coût du travail en France, rendre le marché plus dynamique pour stopper l'hémoragie des fuites à l'étranger. Et il n'y a aucun rapport avec le NON. En votant NON, il n'y aura aucune solution de plus, ça va seulement compliquer la construction européenne qui est la seule protection que l'on aura contre la Chine, l'Inde ou les USA. Le danger ne vient pas de la Pologne ou de la Turquie, mais de beaucoup plus loin dans le monde. L'Europe était une chance et une force. Seuls nous n'arriverons à rien...

  • Laurent, le 01/06/2005 à 14h02

    A Chrisitne de Lille. La situation dans laquelle vous etes semble tres difficile, mais ca ne justifiait en RIEN le vote Non sur la consitution europeenne. Le probleme de la France, c'est le nombrilisme de ses concitoyens, qui n'ont plus de vision commnue du pays ,amis qui cherchent tout le temps a tirer la (pauvre petite) couverture vers eux. C'est comme les greves pour refuser de travailler 1 jour (!!) pour les personnes agees. Revoltant!

  • Mikaël, le 01/06/2005 à 13h56

    "Augmenter les salaires du privé"... En voilà une bien bonne ! C'est encore le gouvernement qui va être responsable de la stagnation des salaires dans les entreprises privées. Quel comportement d'assistés que celui des Français. Quand on veut une augmentation de salaire, on se bat pour l'obtenir. On justifie à la direction qu'elle est légitime et on n'attend pas que le gouvernement de l'Etat, qui n'a AUCUN droit d'intervenir dans la gestion d'une entreprise privée, fasse un miracle.

  • Moimeme, le 01/06/2005 à 13h40

    J'espere bien qu'il n'est aucune marge de manoeuvre il fallait dissoudre l'assemblee nationale. redonner une chance a la gauche defendre la france du bas.

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