Polémique autour du "service garanti"

Par A.Ga., le 23 mai 2005 à 17h23 , mis à jour le 23 mai 2005 à 19h53

Le ministre des Transports a martelé que le projet de "service garanti" en Ile de France en cas de grève ne passera pas par la réquisition des personnels grévistes. Mais FO menace le gouvernement d'un "conflit majeur".

grève transports quai metro © INTERNE

Tollé chez les syndicats, tir de barrage à gauche dimanche…La polémique sur l'instauration d'un service minimum dans les transports franciliens en cas de grève s'est amplifiée lundi. Selon des informations révélées dimanche par Le Journal du Dimanche et confirmées par le conseil régional d'Ile-de-France, la RATP et la SNCF s'engageraient en cas de grève de faire rouler au moins un métro sur deux et un train sur trois. Cette décision ferait l'objet d'avenants aux contrats liant le syndicat des transports d'Ile de France aux deux entreprises. Ce projet de "niveau de service garanti" doit être examiné le 17 juin par le Syndicat des transports d'Ile-de-France.

"Il n'est absolument pas question que le gouvernement impose un service minimum à la SNCF, et encore moins en utilisant le droit de réquisition", a affirmé pour ne par dire martelé, le ministre des Transports Gilles de Robien lundi à Strasbourg. "Nous avons commencé des discussions pour que les deux sociétés d'exploitation (SNCF et RATP, ndlr) puissent avoir un engagement de service maximum sans avoir recours à la réquisition", a-t-il souligné. "Les marges d'optimisation des moyens en cas de grève sont importantes, pour qu'avec les effectifs qui ne font pas grève, on puisse assurer un meilleur service public", a ajouté Gilles de Robien.

"Remise en cause du droit de grève"

Malgré les démentis du ministre, la fédération FO des cheminots a menacé lundi le gouvernement d'un "conflit majeur" à la SNCF s'il persistait dans son projet, qui constituerait selon elle "une remise en cause du droit de grève" inacceptable. "Le gouvernement veut instituer un service garanti à la SNCF et à la RATP avant la prise de responsabilité du Conseil régional d'Ile-de-France", a rappelé FO dans un communiqué. Or, un tel service "mobiliserait 80% du personnel", a-t-il ajouté, ce qui "constitue une remise en cause du droit de grève que nous ne pouvons accepter!"

De son côté, le président de la SNCF, Louis Gallois, a assuré lundi sur Europe 1 que le projet ne "modifie en rien le droit de grève". "Ce n'est pas un service minimum", a-t-il poursuivi: "il s'agit d'une discussion entre le syndicat des transports d'Ile-de-France, la SNCF et la RATP, qui vise à nous conduire à mobiliser autant que possible les moyens dont nous disposons lorsqu'il y a grève pour assurer le meilleur service possible en informations et en nombre de trains". A propos de la grève du 2 juin, dont "il n'a pas encore reçu le préavis", Louis Gallois a redit que cette grève lui "paraîtrait incompréhensible, parce que les éléments du dialogue social sont là, le calendrier est fixé". "L'esprit de l'accord signé le 28 octobre fait que la grève n'intervient que lorsque le dialogue social a échoué, pas avant qu'il ait commencé", a-t-il souligné.

(Photo : le metro parisien un jour de grève/archives/TF1)

Par A.Ga. le 23 mai 2005 à 17:23
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