© TF1Le 1er mai, jour de la fête du Travail, a été "célébré" sur des questions aussi diverses que le lundi de Pentecôte, l'emploi, les salaires et le référendum sur la Constitution européenne. Quelques 130 manifestations étaient prévues en France à l'appel des syndicats. Selon les estimations de la CGT, ils étaient 100.000 dans les cortèges, dont 15 000 dans la capitale. Pour le ministère de l'Intérieur, ils les manifestants étaient 71.770.
A Paris, le défilé CGT, Unsa, FSU et solidaires a démarré peu après 14h30. Le cortège était précédé d'une grande banderole à l'effigie de la journaliste de Libération Florence Aubenas et de Hussein Hanoun "Leur liberté c'est la nôtre, agissez", proclamait la banderole, tandis que nombreux manifestants portaient des pancartes ornées des portraits des deux otages. Le leader de la CGT, Bernard Thibault, dont la confédération a appelé à s'opposer au traité, cotoyait Alain Olive, secrétaire général de l'Unsa et partisan du "oui", qui a toutefois estimé que le référendum ne "cannibalisait" pas les manifestations du 1er mai. A leurs côtés, Annick Coupé (Solidaires) exprimait son hostilité à une "Constitution qui sera au service du patronat et des multinationales", et Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, "émettait un avis très défavorable" au texte. D'autres ténors du "non", les socialistes Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélanchon, et Marie-George Buffet, s'étaient fondus dans le cortège parisien.
Auparavant, la CFTC avait défilé sur le thème "Touche pas à mon jour férié". Selon les organisateurs, 2500 personnes ont manifesté. Autour d'un gros ballon blanc proclamant "la vie à défendre", des délégations venues de toute la France représentent aussi bien le public que le privé: banques, "éducation, recherche, culture", Peugeot, hôtellerie, restauration, secteur de la sécurité... "65% des Français ne souhaitent pas travailler le jour de Pentecôte. Le jour férié est un moment de convivialité et de fête. A un moment où dans l'entreprise on demande toujours plus de travail, nous souhaitons un meilleur lien entre le travail et l'harmonisation du temps de vie", a déclaré à Jacques Voisin, président de la CFTC. Il a également rappelé que son syndicat était favorable à "l'équité et l'égalité de la participation et de la solidarité entre les Français". "42% des Français prendront en charge 90% de la solidarité. Ce n'est pas juste, pas équitable", a-t-il dit.
"Bonne mobilisation"
A Marseille, "quelques milliers" selon les organisateurs, ont manifesté pour la défense de l'emploi et des salaires, à l'appel de l'ensemble des syndicats, à l'exception de FO et de la CFTC. "Salaires, emplois, Code du travail, Tous ensemble Public-Privé", affirmait la banderole de tête derrière laquelle ont défilé des représentants de la CGT, de la CFDT, de l'UNSA, de la FSU et de Sud-Solidaires. Le gros des manifestants était constitué par la CGT, postiers en tête, puis chercheurs, douaniers, travailleurs du bâtiments, cheminots, artistes, comité de chômeurs et sans-papiers.
A Bordeaux, environ 3.500 personnes selon les organisateurs, 2.500 selon la police, ont défilé sous le signe du "non" à la Constitution européenne. Les manifestants ont défilé dans le calme à l'appel de CGT, CFTC, CFDT, UNSA et Solidaires. En ce 1er mai, de nombreuses banderoles rappelaient également l'opposition des syndicats à la suppression du lundi de Pentecôte férié. "Nous avons connu une très bonne mobilisation malgré le fait que cette manifestation se déroule un dimanche, en plein milieu des vacances," s'est félicité Luc Paboeuf, secrétaire de l'Union Départementale CGT Gironde.
Environ 800 personnes selon la police, 2.000 selon la CGT, ont manifesté dans les rues de Rouen, dans le cadre d'un appel unitaire lancé par la CGT, la CFDT, l'UNSA, la FSU, FO et Sud. La banderole de tête réclamait "plus d'emplois, plus de salaires, plus de services publics, pour une Europe plus sociale". Au Havre, les manifestants étaient environ 600 selon la police et 1.000 selon la CGT.
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