Le pouvoir d'attraction de la France n'est pas mort

Par , le 12 mai 2005 à 11h07 , mis à jour le 12 mai 2005 à 11h41

Face à l'épée de Damoclès que représente le coût du travail en France et la menace grandissante des délocalisations, un rapport affirmant que les investissements étrangers dans l'Hexagone ont augmenté en 2004 fait l'effet d'une bonne surprise.

ouvriersbatiment emploi economie © INTERNE

Tout fout le camp... sauf les investissements étrangers. L'étude présentée mercredi par Clara Gaymard, présidente de l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII) vient tempérer les sirènes alarmantes des délocalisations et autres fermetures d'usine. Le rapport 2004 confirme que la France "est, en Europe, une destination privilégiée pour les investisseurs étrangers". Ces derniers ont permis la création ou la pérennisation de 33247 emplois l'an dernier.

Cette manne étrangère providentielle est, comme les années précédentes, d'abord américaine. Près de 28% des emplois créés ou maintenus sont le fait des Etats-Unis, suivis comme en 2003 de l'Allemagne avec 16,3%. La Suède occupe la troisième place en terme d'emplois sur le sol français (un effet Ikea ?) avec 13,6% du total des emplois. L'AFII souligne que 58% des créations d'emplois sont dues à des investissements d'origine européenne. L'agence note toutefois une percée des investissements chinois en 2004 avec 819 emplois créés ou maintenus contre 169 en 2003.

Dynamisme lorrain

Concernant les secteurs d'activités dans lesquels les pays étrangers ont investi : on retrouve évidemment les services mais aussi l'industrie. Sur les un peu plus de 33 000 emplois créés, les domaines du transport, du stockage et du BTP en ont bénéficié de 6026 et le secteur automobile de 3057. C'est cependant le matériel électrique ou électronique qui enregistre la plus forte poussée d'investissements étrangers en 2004 avec 2755 emplois créés ou maintenus.

L'Ile-de-France est la première bénéficiaire de ces investissements mais trois autres régions tirent leur épingle du jeu : Rhône-Alpes (4401 emplois), Lorraine (2886 emplois) et Midi-Pyrénnées (2663). L'Agence souligne "le dynamisme retrouvé de régions industrielles traditionnelles" comme la Lorraine. L'Alsace n'a pas connu de hausse des investissements étrangers mais a réussi à maintenir l'existant en optant pour une modernisation de ses sites.

Photo : (archives) le secteur du BTP a particulièrement bénéficié des
investissements étrangers en France en 2004.

Par Sophie Lutrand le 12 mai 2005 à 11:07
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