© LCITrois des cinq raffineries de Total en grève depuis le 16 mai, celles de Normandie (Gonfreville l'Orcher près du Havre), de Grandpuits (Seine-et-Marne) et de Feyzin (Rhône), ont commencé samedi à redémarrer progressivement, les salariés ayant voté la reprise du travail après le recul de la direction sur le lundi de Pentecôte travaillé. Celle de La Mède (Bouches-du-Rhône), d'une capacité de 155.000 barils/jour, a redémarré dans la nuit de samedi à dimanche. A présent, le temps nécessaire à la reprise de l'activité "dépend de la taille des raffineries", a expliqué la direction du groupe, qui prévoit ce lundi un redémarrage complet de toutes ses raffineries.
Après une longue soirée de négociation vendredi, qui a débouché sur un accord rétablissant pour 2005 le lundi de Pentecôte férié, les salariés de Feyzin et Gonfreville ont voté à l'unanimité la reprise du travail en assemblées générales. Le personnel de la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique) a également décidé de reprendre le travail mais à partir de lundi 5 heures, a précisé Charles Foulard, coordinateur CGT de Total. Les salariés de La Mède (Bouches-du-Rhône) doivent de leur côté se déterminer lundi. "Toutes les raffineries ne seront quoiqu'il en soit pas en état de produire immédiatement après la reprise du travail", a souligné Charles Foulard. "Il n'y aura pas de production effective avant lundi, mais de toute façon, on a des stocks et la distribution pourra reprendre dès lundi matin 5 heures", a affirmé pour sa part Michel Lavastron, délégué CGT à Feyzin.
"C'est une victoire historique"
La reprise du travail est intervenue après six jours de grève paralysant les sites et menaçant, à plus ou moins long terme, d'une pénurie de carburant, Total possédant six des douze raffineries du pays. Après quatre jours de conflit, la direction a fini par ouvrir des négociations vendredi. La veille, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin avait incité le groupe à engager des discussions, se disant "confiant que l'on puisse par le dialogue social éviter la pénurie". "Il est clair que le gouvernement, à une semaine du référendum sur la Constitution européenne, n'est pas étranger à la reprise du dialogue", a commenté Charles Foulard.
Dans le relevé de conclusion signé par l'intersyndicale CGT, CFDT et FO, la direction a accepté de geler pour 2005 le lundi de Pentecôte, dont la suppression avait déclenché le conflit. "Cette décision a pour conséquence l'attribution d'une journée de congé bénévole à prendre au cours de 2005", a expliqué Jean-Jacques Guilbaud, directeur des ressources humaines. Les syndicats, déplorant la "dégradation du climat social" dans le groupe, estimaient que Total avait les moyens de payer cette journée de solidarité sans augmenter la durée du travail, au vu des profits records affichés (9 milliards d'euros de bénéfices en 2004). L'entreprise va ainsi restituer le jour férié de Pentecôte, ou une journée de RTT, et payer quatre jours de grèves sur cinq.
"C'est une victoire historique", s'est félicité Charles Foulard, ses collègues de Gonfreville se réjouissant d'avoir fait "capituler" l'un des principaux groupes français. Outre la Pentecôte, les syndicats ont obtenu un calendrier de négociations sur l'emploi, notamment au niveau local, la formation, la politique de sous-traitance et la prévoyance.
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