© LCI"I will survive". C'est le slogan retenu par la Fédération nationale des Transporteurs routiers pour son opération lancée depuis lundi sur les routes de France. Le syndicat des patrons demande à ses membres d'apposer sur leurs camions le slogan "Oui ou non, mais je veux survivre".
tf1.fr : Pourquoi lancer votre action à quelques jours du référendum sur la Constitution européenne ?
Jean-Paul Deneuville, délégué général FNTR : La plupart des dossiers nous concernant ont un écho européen. L'arrivée d'acteurs issus des nouveaux pays membres, bénéficiant de coûts salariaux beaucoup plus faibles, menace la survie du pavillon français. Mais, soyons clair, le mouvement ne veut pas servir de marche-pied pour le "non" à la constitution. Il n'est pas protectionniste ou xénophobe. Nous posons la question de la place de la France en Europe. A vrai dire, nos vrais problèmes sont plutôt à Paris qu'à Bruxelles. Le gouvernement français n'utilise pas les possibilités que lui offre la législation européenne de donner à son pavillon les armes pour une concurrence loyale.
tf1.fr : Que pourrait faire Paris sans tomber sous le coup du droit européen ?
J.-P. D. : Aujourd'hui, il est possible pour un routier non-résident d'effectuer du transport de marchandises à l'intérieur du marché français, de Lille à Paris, par exemple. C'est le cabotage. Le droit européen ne réglemente pas cette pratique mais laisse aux Etats le soin de le restreindre dans une certaine mesure. La France n'a rien fait. Résultat : un tiers du cabotage de l'Union a lieu en France sans aucun contrôle et le phénomène s'accroît de 30 à 35% annuellement. Autre demande : Paris n'applique pas la directive "détachement" qui permettrait d'appliquer aux conducteurs étrangers les lois du pays d'accueil, c'est-à-dire notre droit social.
tf1.fr : Vos tarifs sont aussi largement fonction du prix du gazole qui, depuis le début de l'année, a augmenté de 23%. Le gouvernement n'est-il pas démuni face à ces mouvements mondiaux ?
J.-P. D. : Les taxes représentent 55% du prix du gazole en France, qui se situe ainsi 21% au-dessus de la moyenne européenne. Le gouvernement pourrait faire un effort à cet égard. Et, au niveau européen, nous réclamons une harmonie de la fiscalité. A l'échelle française, nous souhaitons aussi la transparence des contrats et de la facturation. Il faut que la répercussion de la hausse du prix du carburant soit clairement établie.
tf1.fr : Concrètement, les automobilistes doivent-ils craindre des blocages sur les routes ?
J.-P. D. : C'est hors de question en pleine campagne référendaire. L'opération va monter en puissance dans les 15 jours à venir. Nos représentants régionaux sont libres de lancer d'autres initiatives, à l'exception de blocages. Par ailleurs, nous cessons de siéger dans toutes les commissions départementales, régionales et nationales jusqu'à nouvel ordre. Nous ferons un premier bilan dans 15 jours.
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