Les syndicats rebondissent sur le front social

le 30 mai 2005 à 12h23 , mis à jour le 30 mai 2005 à 22h43

Divisés sur les consignes de vote, les syndicats ont tous appelé lundi à une plus grande attention aux attentes sociales des Français. Le Medef estime que ce vote affaiblit la France et n'encourage pas l'investissement.

foule emploi stress © INTERNE

La question sociale réapparaît avec force après le non français au traité constitutionnel européen. Une des premières raisons invoquées au "non" est la situation économique et sociale de la Nation. Et s'ils étaient divisés et parfois indécis sur les consignes de vote, les syndicats se sont tous emparés dès lundi de la forte demande sociale qui s'est exprimée à travers ce vote.

Fervent partisan du traité européen dans lequel il voyait des "avancées", le secrétaire général de la CFDT a réclamé "un sursaut national dans le secteur social". "Le résultat de ce vote montre une grande colère de la part des Français, une perte de confiance dans l'avenir, avec un niveau de chômage très élevé", a déclaré François Chérèque. Selon lui, il est "nécessaire de construire un pacte social" pour l'emploi, la protection sociale et le pouvoir d'achat.

Rejet du gouvernement

Egalement favorable au traité, la CFTC a demandé "des réponses concrètes aux attentes sociales". Force ouvrière, qui n'avait pas donné de consigne de vote mais avait rendu publique son "analyse critique", a demandé à être reçue "très rapidement" par le gouvernement, "quel qu'il soit". La CGT "exige l'ouverture rapide d'une grande négociation sociale avant que ne soient arrêtés les principaux choix budgétaires et de politiques économiques pour 2006", a indiqué son secrétaire général, Bernard Thibault, dans une déclaration lue devant la presse. Et pour la CGC (cadres), qui n'avait pas donné de consigne de vote, "il faudra bien que les hommes politiques comprennent le profond rejet des mesures gouvernementales".

Le Medef prône la réforme

"Le conseil exécutif du Medef estime que le non au traité constitutionnel européen a de lourdes conséquences", a commenté pour sa part Ernest-Antoine Seillière. "Il affaiblit l'économie française en rendant plus vive la compétition entre les entreprises des Etats membres", a-t-il ajouté. Selon lui, cela "empêche l'Europe de s'organiser mieux pour promouvoir ses intérêts dans le monde et y défendre son modèle économique et social". Dans ce contexte, le Medef réclame la "mise en oeuvre immédiate et accélérée d'un programme de réformes pour rétablir la situation économique et éviter que le système de protection sociale se dégrade".

La Confédération européenne des syndicats (CES) s'est elle déclarée "déçue" du rejet français. Cette "Constitution, qui n'est pas néo-libérale, devient une victime des États membres tentés d'ignorer l'Europe sociale", a-t-elle estimé.

Les marchés font la grimace

La Bourse de Paris a ouvert en baisse lundi, le CAC 40 lâchant 0,55% à 4.108,95 points. Les autres places boursières européennes perdaient moins de terrain. Le rejet du traité constitutionnel par les Français a également provoqué une dépréciation de l'euro qui reculait à 1,2528 dollar contre 1,2581 vendredi. Avec ce "non" des Français, la confiance des entreprises pourrait "être encore un peu plus affaiblie", a commenté Rob Carnell, stratégiste boursier d'ING.

le 30 mai 2005 à 12:23
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