© LCILes Etats-Unis ont décidé vendredi de réimposer des mesures de sauvegarde pour tenter d'endiguer les importations massives de textiles chinois observées depuis la disparition des quotas, le 1er janvier dernier. Une décision immédiatement saluée par la fédération NCTO, regroupant les principaux producteurs textiles des Etats-Unis, qui y voient le moyen de "sauver des milliers d'emplois". Sans surprise, la réaction chinoise a été radicalement inverse. "Il ne fait pas de doute qu'il s'agit d'un précédent extrêmement néfaste et que cela nuira gravement au système commercial multilatéral. Le gouvernement chinois se réserve le droit de prendre des mesures supplémentaires dans le cadre de l'OMC", l'Organisation mondiale du commerce, a fait savoir samedi le porte-parole du ministre chinois du Commerce, sur le site internet du ministère.
Un quota de 7,5%
Après la levée définitive des quotas sur les importations textiles dans le monde le 1er janvier dernier, les vêtements "made in China" ont inondé le marché américain, avec un bond de 1.519% pour les pantalons en coton ou de 1.350% pour les chemises en coton, selon la NCTO. Aussi, à partir de fin mai, les Chinois ne pourront augmenter que de 7,5% le volume de leurs exportations dans trois catégories - chemises et chemisiers en coton, pantalons en coton et sous-vêtements en coton et fibres artificielles - en se basant sur la moyenne des 12 premiers des 14 derniers mois, selon une porte-parole du ministère américain du Commerce. Tout envoi dépassant ce volume sera bloqué en douane, a-t-elle ajouté.
Lors de l'adhésion de la Chine à l'OMC le 1er janvier 2002, les Etats-Unis avaient obtenu le droit de pouvoir limiter provisoirement les importations chinoises si elles devaient constituer une menace pour leurs propres industries. "Depuis la levée des quotas chinois, 18 usines textiles ont été fermées (aux Etats-Unis) et 16.600 emplois ont été perdus dans le secteur textile", selon les chiffres de la NCTO.
Consultations
"En agissant aussi rapidement pour l'imposition de mesures de sauvegarde, le gouvernement américain a envoyé un message fort pour signifier qu'il comprend la crise véritable que ces flux énormes représentent pour nos travailleurs", a souligné le président de cette fédération, Cass Johnson. Toutefois Washington veut éviter la guerre commerciale avec l'un de ses principaux partenaires alors que ses échanges avec lui restent largement déficitaires. "Nous allons ouvrir des consultations avec les Chinois pour trouver une solution qui permettra de développer le commerce dans un contexte libre de tous quotas", a indiqué le ministre du Commerce Carlos Gutierrez vendredi. Mais au cas où "l'on ne parvenait pas à un accord satisfaisant pour chacun à la fin de cette période de consultation, les quotas resteront en place jusqu'à la fin de 2005", a-t-il averti.
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