Des viticulteurs en colère à Nîmes

le 25 mai 2005 à 19h51 , mis à jour le 26 mai 2005 à 08h16

Les viticulteurs venus du Languedoc-Roussillon ont manifesté sans incident mercredi à Nîmes pour demander au gouvernement des mesures de soutien et proclamer leur intention de voter "non" au référendum.

viticulteurs manifestation © TF1

Entre six et dix mille viticulteurs du Languedoc-Roussillon, selon les sources, ont manifesté mercredi dans le centre de Nîmes, déserté et bouclé par un important dispositif policier, pour réclamer des mesures d'urgence pour la viticulture en crise et proclamer leur intention de voter "non" au référendum dimanche.

Sur les tambours rythmant la marche, ornés des 12 étoiles du drapeau européen, les viticulteurs affichent leur "non" à la Constitution européenne. Sur le cercueil en tête de la manifestation, portant la mention "ci-gît le dernier viticulteur", les mêmes étoiles rappellent leur opposition à l'Europe. "Pour le textile c'est la Chine, pour nous c'est l'Espagne, l'Italie, le Chili et l'Argentine", soulignent les responsables syndicaux. "Les négociants ont le droit d'acheter à moitié prix du vin en Espagne, mais moi je n'ai pas le droit d'aller acheter là-bas les produits phytosanitaires, qui sont à moitié prix, comment voulez-vous que je vote pour cette Europe là", s'emporte Maurice, producteur de vin de pays d'Oc à Béziers. "Il faudrait une taxe sur les vins étrangers", estime le propriétaire récoltant entre deux explosions de pétards.

Réunion en juillet

"Depuis le début de l'année, je ne me verse pas de salaire, je vis chez mes parents, et je travaille 60 heures par semaine parce que je n'ai plus les moyens de payer un ouvrier pour m'aider", explique Fabien Garcia, 25 ans, vigneron dans l'Aude. Dans les rues de Nîmes, de nombreuses boutiques ont suivi les recommandations de la préfecture et baissé leurs rideaux, les autres ont rentré leurs terrasses malgré le soleil de plomb. De nombreuses rues sont bouclées.

Avant de rencontrer le préfet, les responsables syndicaux ont rappelé leurs revendications, notamment un allègement des charges sociales, une reprise des vins invendus à 3,80 euros le litre pour la distillation, et des aides au reclassement. "Certains n'ont plus que l'arrachage comme solution et c'est les larmes dans les yeux que nous vous demandons, Monsieur le ministre, de les aider", a déclaré Philippe Vergnes, président du syndicat des vignerons de l'Aude.

Le ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau a annoncé mercredi qu'il organiserait début juillet une réunion pour "dresser un point d'étape" dans l'application des mesures décidées par les instances professionnelles de la viticulture en juillet 2004. "C'est la troisième et dernière manifestation", après celles de Montpellier en mars et Narbonne en avril, lance Philippe Vergnes peu avant la dispersion du cortège: "on en a marre des promenades de santé, la prochaine fois on s'y prendra autrement".

(La manifestation de Nîmes, mercredi, TF1)

le 25 mai 2005 à 19:51
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience