La concurrence met un rail en France

le 13 juin 2005 à 14h19 , mis à jour le 13 juin 2005 à 22h29

Pour la première fois en France, une ligne privée de transports de marchandises est entrée lundi en service. Elle relie la Meuse au sud de l'Allemagne. Près de 200 cheminots ont bloqué durant quatre heures le départ du premier convoi.

train_prive_meuse_manif

Le premier train privé de marchandises à circuler sur le réseau ferré français depuis l'ouverture du fret international à la concurrence a quitté la Meuse lundi en direction de l'Allemagne, en dépit des protestations syndicales. Peu après son départ vers 13H30 de Dugny, le convoi composé d'une vingtaine de wagons de chaux vive de CFTA Cargo, filiale de Connex (branche transports de Véolia Environnement), a été stoppé pendant près de quatre heures par 200 à 300 cheminots venus protester contre la libéralisation du trafic ferroviaire et pour la défense des services publics. Le train a pu repartir vers 17H30 à destination de deux sites sidérurgiques sarrois (Allemagne), après l'intervention de 200 gendarmes mobiles qui ont lancé des gaz lacrymogènes pour dégager la voie.

"On a le coeur gros, c'est plus que de la concurrence déloyale à laquelle nous assistons aujourd'hui. Après le transport de marchandises ce sera le tour des voyageurs et je ne souhaite pas que mes enfants circulent dans des trains Connex" a déclaré Cécile Madaschi, aiguilleur en gare de Reims venue manifester. "On sait que les mécaniciens (conducteurs) de la Connex sont formés en six semaines alors qu'il faut compter six mois pour former le même mécanicien à la SNCF", a déploré pour sa part Bernard Aubin, secrétaire fédéral de la CFTC. Des arguments irrecevables pour Stéphane Richard, directeur général de Connex : selon lui, les agents qui doivent conduire les trains de la société "sont tout à fait expérimentés", et "ont suivi les mêmes modules de formation" que les conducteurs de la SNCF.

Manifestations symboliques

La CGT-cheminots, au soir de cette  entrée symbolique de la concurrence à la SNCF dans le fret international, a préféré insister sur l'ampleur de la mobilisation. "Des rassemblements dans différentes villes de France, des distributions de tracts aux usagers, des conférences de presse auront rythmé ce nouveau temps fort pour s'opposer à la libéralisation du ferroviaire", s'est félicité le syndicat, en appelant les agents "à s'inscrire dans les initiatives et manifestations interprofessionnelles du 21 juin" prochain.

Plusieurs centaines de cheminots ont manifesté notamment à Paris, à Dijon et à Miramas (Bouches-du-Rhône) où 150 à 200 cheminots se sont rassemblés pour dire que "le libéralisme n'est pas une fatalité", selon Sud-Rail PACA. A Toulouse, un "concert" de sifflets de locomotives de trois à quatre minutes, "un acte symbolique jamais réalisé depuis la libération de Toulouse" après la guerre a eu lieu à la gare Matabiau, à l'heure même ou démarrait le convoi dans la Meuse, selon la CGT-cheminots régionale. Après le transport international de fret, l'ouverture du marché national des marchandises à la concurrence est prévu pour 2006, avant celui des voyageurs entre 2008 et 2010.

La SNCF augmente ses tarifs Corail

La SNCF va augmenter le 1er juillet le prix des billets des trains Corail dans le cadre de ses augmentations annuelles de tarifs. Les prix des billets des trains Corail augmenteront de 0,1 à 2,5 euros selon les destinations pour un plein tarif en seconde classe tandis que les tarifs pour les trains de nuit (Corail de nuit et Corail Lunéa) restent inchangés. Un aller simple plein tarif en seconde classe Dijon-Besançon coûtera ainsi 12,7 euros à compter du 1er juillet, en hausse de 0,3 euro, un Paris-Caen reviendra à 27,7 euros, en augmentation de 0,9 euro, un Bordeaux-Montpellier 49,2 euros, en progression de 1,4 euro.Les prix des cartes commerciales (12/25, Senior, Enfant +) ne changent pas. Le prix de la carte Escapades, lancée en mai 2003, est maintenu à 99 euros.


Photo d'ouverture : le face-à-face entre le premier convoi de la Connex et les manifstants, lundi - DR
le 13 juin 2005 à 14:19
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14 Commentaires

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  • Christian, le 13/06/2005 à 17h34

    Ils ont raison d'avoir peur à la SNCF ... parce que confronté au privé, y'aura pas photo et ils vont y laisser des plumes ... ça va replacer certainement les choses à un niveau plus normal (je parle des avantages qu'ils ont à la SNCF).

  • Antoine, le 13/06/2005 à 17h31

    Et bien sûr les syndicats vont nous dire qu'ils défendent le service public et les usagers contre le libéraliseme et le capitalisme sans foi ni loi. Cette argtumentation affligeante et lancinante est vraiment complétement à coté de la plaque concernant le fret. D'une part parce que grâce à la qualité de service produite par la SNCF (retard et mêmes annulations fréquentes de trains) les clients ont déserté ce service pour la route (avec toutes les conséquences sur l'écologie ...). ET donc l'arrivée de la concurrence ne peut que redynamiser cette offre essentielle de transports de marchandise. D'autre part parce que les clients du fret sont des sociétés et non de pauvre consommateurs sans défense. Alors messieurs des syndicats laissaient leur défendre leurs intérêts, ils n'ont vraiment pas besoin de vous.

  • Nicolas, le 13/06/2005 à 17h11

    C'est une trés bonne nouvelle, je suis souvent pris à la gorge lors des multiples grèves et suis obligé d'expedié via la route, des trajets plus longs, plus couteux, si seuleument le résau pouvait s,étendre sur toute la france et à travers l'europe !!

  • Oliver, le 13/06/2005 à 16h56

    Mais ils sont incroyables ces cheminots! Ils se croient où ? on est au 21eme siecle et la concurrence ça vaut pour tout le monde. si on ne peut jamais compter sur leur service et qu ils ne sont pas compétitifs il les normal que les gens aillent voir à la concurrence. Ils feraient mieux de se préparer à lutter avec la concurrence au lieu de faire des grèves puériles toutes les semaines. Quand tout le monde préférera les sociétés privées pour leur ponctualité et leur professionnalisme, ils pourront continuer à aller faire des grèves-brochettes party à l'ANPE !

  • Maxime, le 13/06/2005 à 16h42

    Partout la privatisation arrive et alors on doit interdire cela? Elle est présente pour le téléphone, electrique, etc etc et bien les rails aussi s'y mettent c triste pour les cheminots mais au moins on sera plus prit au dépourvu en cas de greve

  • Pacal, le 13/06/2005 à 16h32

    Youpi!!!!! Vivement qu'ils arrivent pour les passagers aussi car meme si c'est plus cher que la sncf je passerais par la concurrence. Avec moi au moins vous ne me prendrez plus pour un pigeons!!!!

  • Caremier, le 13/06/2005 à 16h31

    Il s'agit en fait de l'application de Directives Européennes approuvées en leur temps par le Parlement Européen, Le Conseil Economique et Social du PE, Le Comité des Régions et le Conseil des Ministres des Transports. La France est présente dans toutes ces organisations. Que ce soient les politiques français ou les représentants des organisations syndicales françaises, tous ont donné leur accord pour la mise en oeuvre de ces Directives. Pour la transparence de l'information, ne serait-il pas judicieux de citer les principaux acteurs français de l'époque ?

  • Rde, le 13/06/2005 à 16h25

    Faut rappeller que Raffarin à levé sur le gaz oil un impôt spécial SNCF qui rapporte presque autant que ce qu'on donne au vieux . Alors d'un coté on file 1 Milliard d'Euro a la SNCF par an et tout le monde Ferme sa gueule . Et de l'autre on nous supprime un jour de congé dont les origines datent du moyen-age pour financer ce qui est déjà financé des millions de fois par de l'argent public qui faute d'aller ou il aurait du aller est detourné de nombreuse manière et qui l'histoire le prouve n'ira ou peu s'en faut jamais aux vieux ou aux handicapé . Triste republique !!!

  • Hadrien, le 13/06/2005 à 16h18

    Ce chargement transiterait par camion, on aurait rien à redire, la concurrence existe déjà. Pourquoi ce ne serait pas le cas avec les trains? Et après, on va nous parler de politiques publiques environnementalse pour remplacer les camions par le train...

  • Eds, le 13/06/2005 à 16h17

    Si celà pouvait mettre a frein au racket de la SNCF . Un reseau public , financé par le secteur public doit être public et non pas reservé a l'usage et au bénéfice exclusif de la communaute marxiste Française.

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