Délit d'initié lors du rachat de Péchiney ?

Par D'après AFP, le 24 juin 2005 à 09h19 , mis à jour le 24 juin 2005 à 14h22

L'Autorité des Marchés Financiers soupçonne un délit d'initié, notamment au sein de la Commission européenne, au moment du rachat du groupe industriel français Pechiney par le canadien Alcan en 2003.

Péchiney Figaro

Selon une note de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF) citée vendredi par le Figaro, un délit d'initié, notamment au sein de la Commission européenne, a pu avoir lieu au moment du rachat du groupe industriel français Pechiney par le canadien Alcan en 2003. L'AMF suspecte que des achats ont été "commandités par des clients au courant des intentions d'Alcan" qui "ne lance son OPA hostile sur Pechiney que le 7 juillet" 2003, écrit le Figaro.

Or, les premiers rachats "suspects" ont eu lieu après une "rencontre confidentielle" entre les dirigeants d'Alcan et des membres de la commission européenne. Une rencontre qui devait porter sur de possibles problèmes de concurrence que poserait le rachat de Pechiney par le géant canadien de l'aluminium Alcan, explique le journal. "Alcan prend contact avec les autorités européennes le 13 juin 2003, transmet une note écrite le 16 juin pour un rendez-vous le 20 juin. Or des ordres d'achat sont passés dès le 18 et 19 juin", écrit dans sa note l'AMF, citée par Le Figaro.

Paradis fiscaux

D'autres achats massifs auraient ensuite suivi des réunions du conseil d'administration d'Alcan. Selon l'enquête de l'AMF, "quelque 11 millions de titres ont été échangés lors de l'été 2003 et plus de 5 millions d'euros de plus-values ont pu être empochés", détaille Le Figaro. Un volume d'activité "bien supérieur aux transactions normalement enregistrées sur le titre Pechiney" et concentré "sur quelques séances de Bourse seulement", explique le journal.

Sont évoqués des rachats massifs d'actions effectuées depuis des paradis fiscaux, comme les Bermudes, l'Ile de Man ou Monaco. "D'autres intermédiaires encore, comme la banque HSNBC, le Crédit lyonnais Luxembourg, ING, le Credit suisse, UBS interviennent au cours de la même période", poursuite le journal. Sont également citées la banque italienne Mediobanco Gallo et l'américaine Morgan Stanley.

"Soupçons infondés" 

"A ce stade, la Commission n'a aucune raison de croire que des fonctionnaires seraient impliqués dans des délits d'initiés. Pour nous, ces soupçons ne sont pas fondés", a dit le porte-parole des services chargés de la concurrence Jonathan Todd, soulignant que Bruxelles avait déjà mené son enquête interne.

L'Office de lutte anti-fraudes de l'Union européenne (OLAF) n'a pas ouvert d'enquête "pour l'instant" mais "évalue" les informations. Selon l'organisme indépendant, "c'est un cas qui paraît français". L'AMF, de son côté, s'est refusé à tout commentaire.

Par D'après AFP le 24 juin 2005 à 09:19
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