L'Etat cède 6% du capital de France Télécom

le 05 juin 2005 à 19h32 , mis à jour le 06 juin 2005 à 11h39

Après la vente de près de 11% des parts détenues par l'Etat en septembre dernier, qui avait fait passer la participation de l'Etat sous le seuil symbolique des 50% du capital de l'opérateur, cette nouvelle cession devrait la réduire à environ un tiers. FO-PTT dénonce "la deuxième trahison de Thierry Breton".

[Expiré] [Expiré] France Telecom Télécom nouvelle enseigne (AFP) © AFP

L'Etat, premier actionnaire de France Télécom, continue de se désengager. Après avoir déjà vendu plus de 10% du capital de France Télécom en septembre, passant alors sous le seuil symbolique des 50%, il "a engagé dimanche la cession d'environ 6%" du capital de l'opérateur, a annoncé dans un communiqué le ministre des Finances Thierry Breton, ex-président de France Télécom. Et cette part pourra être portée jusqu'à 8%, a-t-il précisé.

Concrètement, cela signifie que l'Etat a mis en vente auprès d'investisseurs institutionnels (banques, fonds d'investissement...) 152 millions d'actions France Télécom, qui devraient ensuite être replacées sur le marché. Ce nombre pourra être, selon la demande exprimée, porté à 198 millions d'actions maximum (soit environ 8% du capital de France Télécom), a précisé le ministère. L'Etat devrait donc empocher entre 3,5 et 4,5 milliards d'euros. Le prix de vente des actions se situe dans une fourchette de 22,50 euros à 22,85 euros, ce qui pourrait rapporter environ 4 milliards d'euros à l'Etat, ont indiqué lundi des courtiers sur le marché boursier.

"Cela démontre qu'il existe des marges de manoeuvre sur le plan financier, cela va permettre à l'Etat de se désendetter", a-t-on commenté à Bercy. Pour France Télécom "c'est une opération réalisée par l'actionnaire qui n'appelle pas, comme c'est usuellement le cas, de commentaire particulier de l'entreprise".

Les syndicats inquiets

La date de cette mise en vente n'a pas été choisie au hasard. Il y a d'abord un facteur technique. "Il y avait un engagement de non-cession pris par l'Etat, qui arrivait à échéance" samedi dernier, rappelle-t-on à Bercy. L'Etat pouvait donc mettre en vente des actions à partir de ce dimanche. Mais s'il attendait trop, il courait le risque que le marché parie sur une cession de l'Etat et fasse baisser le cours de l'action. Ce qui lui aurait été préjudiciable. Il y a aussi et surtout un facteur psychologique. Alors que se tenait dimanche un séminaire gouvernemental à Matignon, une telle annonce permet de "démontrer, quelques jours après la nomination du gouvernement, qu'il agit dans l'intérêt de l'Etat comme il convient de le faire", se félicitait-t-on de source gouvernementale.

Le gouvernement s'est par ailleurs attaché à rassurer quant à la pérennité de son engagement dans le capital de l'opérateur. L'Etat, qui détiendra directement et indirectement entre 33% et 35% du capital de France Télécom à l'issue de cette cession, "entend demeurer un actionnaire significatif au capital de France Télécom à moyen terme", a précisé Bercy. Les syndicats eux sont inquiets. Pour Jacques Lemercier, secrétaire général de la fédération FO-PTT, "c'est la deuxième trahison de Thierry Breton". "Quel sera l'avenir de l'entreprise? Plus la part de l'Etat baisse, plus nous sommes inquiets pour l'emploi", s'est interrogé de son côté René Ollier, secrétaire général de SUD-PTT. Un préavis de grève antérieur à cette nouvelle a été déposé par FO, CGT et SUD pour le 8 juin, date du prochain comité central d'entreprise, pour dénoncer "l'arrêt de la réorganisation du service clients", de la restructuration, et des suppressions d'emplois".

Photo d'ouverture : archives

le 05 juin 2005 à 19:32
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