"La France vit au-dessus de ses moyens"

Par , le 26 juin 2005 à 20h12 , mis à jour le 26 juin 2005 à 20h26

Thierry Breton a tenu à souligner dimanche sur LCI qu'il n'avait "pas dit que les Français vivaient au-dessus de leurs moyens". Le ministre de l'Economie et des Finances a réitéré sa prévision de croissance à 2% pour 2005.

Thierry Breton © LCI

Il y a une nuance. Et Thierry Breton a tenu à la souligner. Invité du Grand Jury RTL-Le Monde-LCI, le ministre de l'Economie et des Finances a réaffirmé dimanche que la France vivait "au-dessus de ses moyens". "Je n'ai pas dit que les Français vivaient au-dessus de leurs moyens", a-t-il insisté dans le cadre de l'émission en faisant allusion aux propos qu'il a tenus la semaine passée lors d'une conférence de presse. Et à ce constat le locataire de Bercy de poser : "Il faut plus de croissance". A son propos, Thierry Breton a déclaré qu'il réitérait sa prévision de 2% pour l'année 2005. L'Insee a abaissé cette semaine sa prévision de croissance à 1,5%.

Le ministre de l'Economie a d'autre part assuré qu'il entendait faire en sorte que les déficits publics français ne dépassent pas 3% du PIB en 2005 comme en 2006 :"Mon combat est qu'on tienne cet objectif." "C'est plus dur que prévu", a-t-il cependant ajouté en mettant notamment en cause la flambée des prix du pétrole. Il a ainsi justifié la pause de la baisse d'impôts par cet objectif "prioritaire" de déficits publics inférieurs à 3% du PIB.

2.600 postes supprimés à Bercy

Le ministre de l'Economie a par ailleurs annoncé qu'il avait confié au président de BNP Paribas Michel Pébereau une "mission" sur la dette publique. "L'ensemble de l'impôt sur le revenu des Français est l'équivalent de ce qu'on paye en intérêts pour la dette", a expliqué Thierry Breton. "J'ai décidé de créer une mission précisément pour avoir des réponses" à cette question.

Thierry Breton a estimé que la réduction du nombre de fonctionnaires en 2006 pourrait être supérieure aux 5.000 postes en moins annoncés par Matignon. Il a précisé qu'il y aurait "aux alentours de 2.600" postes supprimés à Bercy.

Le ministre de l'Economie a par ailleurs indiqué que les lettres de cadrage budgétaire pour l'année 2006, qui fixent les engagements du gouvernement en termes de maîtrise des dépenses et déficits, arriveraient "demain" lundi dans les ministères.

(Thierry Breton au Grand Jury dimanche soir/LCI)

Par Amélie Gautier le 26 juin 2005 à 20:12
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35 Commentaires

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  • Eric, le 27/06/2005 à 12h36

    Plusieurs précisions et questions sur ce qui a été dit ici : - les 35 heures, c'est la durée de travail de base, pas le maximum autorisé ! - Pourquoi vote-t-on un budget si on sait que l'on peut avoir 3% de déficit ? - Les deux principaux bénéficiaires du budget public sont l'éducation et l'armée. Quel intérêt d'avoir un arsenal nucléaire identique que pendant la guerre froide, quant il s'agit de combattre le terrorisme (ou le supposé) avec des gens qui n'ont pas peur de mourrir. - L'armée française est une des plus puissantes d'europe. La plupart des autres pays n'ont pas cette charge a entrenir. - Contrairement à ce qu'on croît, les USA ont, à proportion, plus de fonctionnaires que la France. Croyez-vous que les militaires américains sont des salariés privés ? (cela dit, cela arrivera bien un jour !) - Les remarques sont toujours les mêmes depuis vingt ans, mais la France a bien changé : beaucoup de français vont partir en retraite, la fonction publique s'est nettement modernisé. - La création d'entreprise s'est ettement simplifié, et si elle a été complexe, l'état n'en est pas le seul responsable, mais surtout les CCI, CFCE dont j'ai pu mesurer l'inefficacité.

  • Emmanuel, le 27/06/2005 à 11h32

    Plusieurs d'entre vous font une confusion regrettable entre le gouvernement et les élus qui nous représentent, d'une part, et l'administration qui elle, n'est pas élue. Ce qui plombe le budget, ce ne sont pas les salaires des ministres, députés et sénateur, mais le poids de la "fonction publique". Les gouvernement successifs ont acheté la paix sociale auprès des syndicats de fonctionnaires en laissant les effectifs de la fonction publique s'accroître de manière délirante (ainsi que les avantages dont bénéficient les fonctionnaires, malgré les mensonges régulièrement proférés par quelques syndicats). Il y a dans ce pays 2 millions de fonctionnaires surnuméraires (ce chiffre ne sort pas d'un chapeau, mais d'une comparaison avec les pays développés comparables). Voilà où se trouve la marge qui permettrait de ramener le budget à l'équilibre! Depuis trop longtemps, les gouvernements dépensent notre argent à entrenir une énorme machine (l'administration), dont une grande partie est inutile, plutôt qu'à préparer l'avenir. Il est temps de couper sérieusement les dépenses de l'Etat, en réduisant radicalement le nombre de fonctionnaires.

  • Yoyo, le 27/06/2005 à 11h20

    C'est pas les reductions d'impôt qui pause pb à mon avis mais plus le nombre incalculable d'aides sociale. En effet les impôts restent elevé aujourd'hui et encore plus il y a quelque années. Hors la dette éxiste quand même depuis un bout de temps...

  • Christophe, le 27/06/2005 à 11h19

    J'aime bien vos idées reçues à tous. Voici une vérité, celle de mon quotidien. J'ai bossé pendant 70heures par semaine ces 4 dernières années pour créer mon entreprise. J'ai vraiment bossé dur. J'ai failli mettre la clé sous la porte deux foix à cause des innombrables taxes, impots, prélèvements obligatoires etc (tellement nombreux qu'on ne pas pas tous les prévoir quand on n'est pas comptable)... Je me demande ou va tout l'argent gagné à la sueur de mon front et versé directement ou indirectement à l'état ? (PS: si j'en ai un jour la possibilité, j'irais dans un autre pays voir si mon travail me rapporte un peu plus à moi qu'à l'état)

  • Vava, le 27/06/2005 à 10h59

    Il s'agit du déficit de l'Etat, c'est à dire toutes les administrations publiques additionnées. Le problème du budget français, c'est qu'il privilégie la dépense sur l'investissement. La R&D, l'éducation, la formation professionnelle, l'équipement, les travaux d'infrastructure sont des investissements. Au contraire, l'essentiel du budget est dilapidé dans des dépenses administratives. L'absence de flexibilité du statut des fonctionnaires interdit par exemple de transférer une personne de l'administration des finances à celles des hôpitaux de paris et personne n'osera changer quoi que ce soit. De même, il est plus simple pour la SNCF de fermer des lignes "déficitaires", que licencier du personnel redondant. C'est donc tout le contexte juridique et social qui est à remettre à plat. Le déficit public correspond au choix de société fait en faveur du laisser aller. En bref, c'est un peu la dialectique de la cigale et de la fourmi...

  • Ninou, le 27/06/2005 à 10h13

    A Didier : A quelles entreprises on offre 17 milliard pour embaucher ? Surement pas les petites. Nous on croûle sous les taxes (petits artisans)!!!! et on aimerait bien embaucher surtout dans le secteur du batiment où on ne peut pas prendre trop de travail quand on est tout seul pour le faire, eh oui, trop de charges pour employer quelqu'un pourtant y'a du travail ! Une honte ! Oui,oui, et re-oui, il faut diminuer vos dépenses messieurs de l'état ET ARRETER d'augmenter les fonctionnaires vous-mêmes aussi du reste dès qu'ils manifestent. Y'en a marre de payer vos mesquineries pour gagner les élections. Mais qu'est-ce qui les préoccupe à part leur place ??????? et Mr BRETON y'a des gens qui voudraient bien travailler plus, et bien ça leur est interdit "les 35 h" et les autres ... il faudrait qu'ils aient un travail ! Non mais vous y pensez à ce que vous racontez aux français, on n'est plus au 18ème siècle et on est pas plus bêtes que certains ! Et on ne risque pas de vivre au-dessus de nos moyens. De quels moyens parlez-vous des SMIC majoritairement ?

  • Bob, le 27/06/2005 à 09h57

    "La France vit au-dessus de ses moyens". Et donc la France dilapide des millions pour refaire les logos de la SNCF, de GDF, d'EDF, de l'ANPE (si, si, l'an dernier !), et même (M. Breton s'en souvient peut-être) de France Télécom. Ou encore des millions pour l'intronisation de Sarko à la tête de l'UMP, des centaines de milliers par ci, par là. Mais ce sont vous les méchants citoyens qui ne faites pas attention, alors c'est vous qui allez payer.

  • Pacal, le 27/06/2005 à 09h24

    Il faut un moratoire sur la dette ! présenter les chiffres clés de celle-ci et interroger les français sur les priorités à accomplir. Mais évidemment, aucun ministre ne le fait ce qui est étonnant peut etre faut-il appeler Julien Courbet et Maitre Verges ce qui serait le plus gros dossier et le plus interressant à traiter depuis de nombreuses années. ALORS??????

  • ., le 27/06/2005 à 09h05

    C'est de la faute à qui , à part les ministres des finances successifs.

  • Cloclo, le 27/06/2005 à 08h56

    A qui la faute ? Ce n'est pas la population qui gére le pays, mais ces hommes politiques de tout acabit qui depuis des années ne savent gérer que par la création "sans cesse" de mesures financières supplémentaires sans se pencher sur la réalité des faits. Assez des politiciens "politicards" place à de vrais gestionnaires.

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