Le logo de GDF © LCIAvec la victoire du "non" au référendum, le début de la privatisation de Gaz de France semblait être reléguée au rang des priorités… secondaires. Il n'en sera rien. Mercredi après-midi, le Premier ministre Dominique de Villepin à l'occasion de son discours de politique générale avait annoncé que cette opération aurait lieu "au plus vite". Le calendrier officiel était jusqu'à présent "à horizon de l'été".
Selon un communiqué du ministère de l'Economie et des Finances paru mercredi soir, "si les conditions de marché le permettent, l'ouverture du capital pourra débuter le 23 juin, pour une première cotation de l'entreprise début juillet, sous réserve de l'autorisation des autorités de marché". Cette annonce intervient quelques jours après la cession de plus de 6% du capital de France Telecom, qui a rapporté plus de 3,4 milliards d'euros à l'Etat. Le Premier ministre a également relancé mercredi la privatisation des sociétés d'autoroutes, un processus gelé en décembre 2003.
Salariés actionnaires
L'ouverture du capital de GDF est une opération mixte. Elle est composée d'une augmentation de capital, portant sur 40% du capital de Gaz de France, et d'une mise sur le marché, a précisé Bercy mercredi soir. Les salariés pourront aussi souscrire jusqu'à 15% des actions offertes, et le public le reste "à des conditions préférentielles". Compte tenu d'une valorisation de l'entreprise comprise entre 17 et 20 milliards d'euros, la part introduite représenterait environ 4 milliards, les 40% pourraient représenter environ 1,6 milliard, la part destinée aux salariés 600 millions, et la part destinée aux particuliers 1,8 milliard.
Refus des syndicats
Selon ce scénario, cette opération pourrait rapporter au final aux alentours de 2 à 2,5 milliards d'euros à l'Etat et de 1 à 1,5 milliards d'euros à GDF, selon le ministre de l'Economie, Thierry Breton qui s'exprimait jeudi matin sur Europe 1. A son terme, le personnel de Gaz de France pourra détenir 3% du capital, a encore précisé Bercy. "L'ouverture de capital de Gaz de France va en particulier lui permettre de disposer de capitaux supplémentaires, de renforcer sa capacité financière", écrit Bercy dans son communiqué.
Réagissant à l'annonce de Bercy, les syndicats CGT Mines-Energie, Energie-Mines FO et Unsa Energie ont chacun dit "non" à l'ouverture du capital de Gaz de France. "Contrairement à ce que vient d'affirmer M. de Villepin, la motivation n'est absolument pas de 'développer l'entreprise' mais de remplir les caisses de l'Etat pour financer les allégements de charges aux entreprises", a protesté la CGT en appelant le gouvernement à "stopper" ce processus, tandis que FO dénonçait une "réelle provocation envers les gaziers et électriciens".
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