Heurs et malheurs des 35 heures

Par , le 24 juin 2005 à 14h29 , mis à jour le 26 juin 2005 à 15h51

La réduction du temps de travail a créé 350.000 postes entre 1998-2002, soit moitié moins que prévu. Selon les analystes, elle n'a "pas eu d'effets négatifs" sur l'activité des entreprises.

35 heures: retard à l’allumage © INTERNE

L'Insee publie vendredi une étude passant au crible les effets des 35 heures en France. La radiographie est chiffrée. Il est fort à parier que chacun, selon son idéologie, y trouvera des arguments pour sa chapelle. Ainsi, disent les analystes, sur 2 millions de postes créés sur la période 1998-2002, 350.000 sont au crédit des RTT. 350.000, c'est moins que ce qu'avait affirmé Martine Aubry en février 2004. Auditionnée par la mission parlementaire sur les RTT, l'ex ministre avait alors évoqué "400.000 emplois environ". C'est surtout beaucoup moins que ce qu'espérait le gouvernement socialiste, à l'instauration de la mesure. On tablait alors sur 600.000 à 700.000 emplois.

Pour expliquer cette demi réussite ou ce semi-échec, l'Insee rappelle que la baisse du temps de travail "a finalement été moins importante que ce qui avait été calculé dans les exercices de simulation". Les prévisions étaient établies à 10%, le résultat avoisine plutôt les 5%. En clair, tout le monde n'a pas joué le jeu. 60% des salariés sont concernés. Beaucoup d'entreprises ont eu recours à des astuces en transformant des jours de congé en RTT ou en redéfinissant le temps de travail.

Productivité accrue

Autre point de discorde, à quel prix ces emplois ont-ils été créés ? Pas à celui de la compétitivité, selon l'Insee car les entreprises passées aux 35 heures ont gagné en productivité horaires "d'environ 4% à 5%" : en se restructurant et en bénéficiant d'allègements de cotisations sociales.

Les employés ont eux aussi contribué au maintien de la compétitivité : souvent en fournissant un plus gros effort sur des plages horaires réduites, ensuite en voyant leurs salaires progresser moins rapidement. Quand ces derniers n'étaient pas complètement gelés. D'où cette remarque de l'Insee pour certaines catégories de salariés : "l'intensification du travail et l'exigence accrue de polyvalence vont de pair avec le sentiment d'une dégradation des conditions de travail". Globalement, toutefois, indique l'Insee, le sentiment dominant est celui d'"une amélioration de la vie quotidienne" (59%), plus marqué chez les cadres que chez les ouvriers et les employés.

Par David Straus le 24 juin 2005 à 14:29
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30 Commentaires

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  • Antoine, le 26/06/2005 à 13h55

    Ben moi j'suis payé à l'heure. Franchement j'aimerai bien pouvoir bosser légalement un peu plus, pour gagner un peu plus pour pouvoir enmmener ma famille en vacances. En attendant, je complète en bossant au noir...

  • Pierre-marie vallez, le 26/06/2005 à 12h32

    J'ai lu dans une réaction un partisan "de prendre tout" aux capitalistes - belle preuve d'intelligence - on à vu ce que la révolution d'octobre 17 à donné en urss - pays riche du temps des stars - en d'autres termes, les vieux de mon village disaient toujours "on ne saigne le cochon qu'une fois" alors que fait-on quand il n'y a plus de cochon??

  • JC, le 26/06/2005 à 03h33

    Merci Vallez pierre-marie, Le pommereuil. Pour votre tres accademique definition de la valeur ajoutee.

  • Vallez pierre-marie, le 25/06/2005 à 18h58

    Mon boulanger fait 35 heures sur qu'il est malhonnête, son pain valait hier 3,50f aujourd'hui 3,90f - comment vais-je te payer, je ne gagne pas plus qu'hier. moi non plus m'a-t-il dit - mais avant les 35 heures je vendais 390 pains à 3,50f aujourd'hui j'en cuis 350 que je vends 3,90f. Vois le meunier m'a-t-il dit, il moud son grain 35 heures, il me vend 39f le sac qui valait hier 35f.. j'ai profité de mon temps libre pour rencontrer d'autres villageois, ils payent tous leurs pains plus chers, pire le village ayant 390 habitants 40 n'on plus de pain aujourd'hui.. MON boulanger finit par faire faillit et son meunier aussi et le village s'appauvrit et se vida UNE LOI PEUT OTER DES BIENS A UN HOMME POUR LES DONNER A UN AUTRE. MAIS ELLE NE SAURAIT CREER DES BIENS, LA RICHESSE DONT LES SOURCES NE SONT NULLE AUTRE PART QUE DANS L'ACTION INDUSTRIEUSE

  • Aurélien, le 25/06/2005 à 17h58

    Quand on aura exproprié les capitalistes, on pourra faire nos 28 heures tranquilles...

  • Nicolas, le 25/06/2005 à 11h22

    C'est fou le nombre de personnes qui trouvent le temps d'envoyer des messages depuis le boulot un vendredi de 15h à 16h ... et qui sont contre les 35h parce qu'elles veulent qu'on bosse plus !

  • Jacktachat, le 25/06/2005 à 09h24

    Bravo messieurs les pros du social! En plus de n'avoir pas tenues leurs promesses les 35 heures ont contribueés à la dégradation des conditions de travail et au gel des salaires. Je suis étonné que beaucoup d'entre-vous crient encore victoire !

  • Nicolas, le 25/06/2005 à 08h48

    C'est fou le nombre de personnes qui trouvent le temps d'envoyer des messages depuis le boulot un vendredi de 15h à 16h ... et qui sont contre les 35h parce qu'elles veulent qu'on bosse plus !

  • Patrick, le 25/06/2005 à 02h34

    Il ne manque qu'un chiffre. le coût : plus de 20 milliards d'euros payés avec nos impots. Alors 350 000 emplois à 20 milliards par an, ca donne: + de 57 000 euros par an et par emploi. Bravo les socialistes !!

  • Pierre Bausset, le 24/06/2005 à 23h16

    Beaucoup d'andouilles ici. Un peu de bon sens! la vrais question est combien de 100k d'emplois detruits par le renchérissement unilatéral du travail de 15% dans les services du tertiaire en competitivité globale emplois hightec et autres : des wagons entier de délocalisations, conséquence directe dire le contaire est tout simplement idiot.

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