© INTERNELes chiffres étaient attendus. Ils avaient déjà été annoncés par La lettre de l'Expansion en début de semaine, et Thierry Breton avait peu après revu à la baisse ses prévisions de croissance en appelant les Français à "travailler plus". Mais si les résultats des analyses de l'Insee ne sont pas une surprise, ils confirment de manière brutale ce que les économistes annonçaient depuis plusieurs mois : 2005 sera difficile pour l'économie française.
Dans sa note de conjoncture de mars, l'Insee tablait sur 1,6% de croissance. Désormais, l'institut prévoit une croissance de 1,5% pour l'année, une prévision soumise aux aléas des cours du pétrole et de l'environnement européen, et juge envisageable un taux aux alentours de 2% en 2006, selon sa dernière note de conjoncture trimestrielle. La prévision de l'Insee reste ainsi nettement inférieure à celle du gouvernement, pourtant elle-même abaissée mardi à environ 2%. "Nous avons révisé notre prévision de croissance, nous attendons maintenant une croissance en 2005 de 1,5%. De ce fait, l'année 2005 ne sera pas un bon millésime en termes de croissance. Mais, nouvelle rassurante, la croissance a plié, elle n'a pas rompu", a résumé mercredi lors d'un point presse Michel Devilliers, responsable du département conjoncture de l'Insee.
Une croissance de 1,3% pour la zone euro
La faute en incombe au premier trimestre 2005, durant lequel l'activité a été beaucoup plus faible que prévu par l'institut : elle n'a atteint que 0,2%, contre 0,6% prévu encore en mars. C'est ce chiffre qui a été revu en baisse. Interrogé sur l'écart entre le chiffre avancé par le ministre des Finances Thierry Breton et celui de l'Insee, Michel Devilliers a répondu : "une prévision est toujours un pari. Nous, il nous semble que dans les circonstances actuelles, et compte tenu de (...) ce que nous estimons être la croissance du 2ème trimestre, il est difficile d'aller beaucoup au-delà de 1,5% actuellement".
Selon Karine Berger, responsable de la division synthèse conjoncturelle de l'Insee, ce ralentissement s'explique par le fait que "deux aléas principaux se sont simultanément concrétisés" : les cours du pétrole ont continué de grimper (jusqu'à atteindre près de 60 dollars le baril à New York ces derniers jours), tandis que la demande en provenance des partenaires européens de la France s'est "enlisée". La zone euro, tirée vers le bas par l'Italie et l'Allemagne, ne devrait connaître qu'une croissance de 1,3% cette année.
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